Sa voix a bercé une génération entière, son absence du Sénégal avait plongé des milliers de fans dans une grande nostalgie. Mais bonne nouvelle : le roi du reggae sénégalais est de retour et va fêter ses 25 ans de carrière.
L’an 2000 a marqué le monde entier. C’était l’avènement d’un nouveau siècle, plein de défis, de rêves et de promesses. Au Sénégal, c’était aussi l’année de la première alternance politique avec l’élection d’Abdoulaye Wade. Mais sur le plan culturel, elle a marqué la naissance d’un prince, aujourd’hui roi du reggae. Dread Maxim, originaire de Mont Rollant à Thiès, a débarqué avec à la fois une ambition, un rêve, mais surtout un idéal : se faire l’écho mélodieux de l’héritage de Jah. Les Sénégalais, bercés aux effluves de Bob Marley, avaient désormais leur voix et une âme, leur rasta.
Dread Maxim a osé planter l’arbre rasta au milieu d’une savane musicale dominée par le Mbalax et le rap Galsen. Sa voix, capable de transformer la douleur en mélodie et l’espoir en hymne, a offert des tubes devenus intemporels : « Use sa brain » pour inciter le peuple à la réflexion, « Mbollo » pour inciter les gens à l’unité et au vivre-ensemble, ou encore « Le Joola » pour rendre hommage aux victimes du naufrage du bateau éponyme. Par ailleurs, en tant qu’enfant de Thiès et de Mboro, l’artiste porte en lui la fraîcheur des Niayes, sa culture sérère et une envie d’inscrire le reggae sénégalais dans la postérité.
Le 14 février 2025, Dread Maxim va fêter ses 25 ans de carrière à l’esplanade du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose et souhaite se reconnecter avec ses nombreux admirateurs.
Au-delà de l’inspiration jamaïcaine
Forgé par tout un pédigrée social, culturel et humain, l’artiste a également cherché à puiser son inspiration dans le reggae jamaïcain. Néanmoins, il a tout fait pour que son art ne soit pas seulement une imitation. Être artiste, c’est créer son style, et dans celui de Dread Maxim, le Roots universel s’abreuve aux sources du Sénégal.
Dans sa musique, le natif de Mont Rolland délivre aussi des messages engagés. Messager des consciences, il a su diversifier les thèmes dans ses différents albums. Ainsi, l’humanité a eu un écho dans Jah Fire, qui a largement fait connaître le reggaeman. En outre, plusieurs autres thèmes engagés ont été soulevés comme la justice, l’amour pour lutter contre la haine, la paix en Afrique et dans le monde…
Après une absence remarquée de la scène sénégalaise, Dread Maxim est de retour pour célébrer ses 25 ans de carrière. Preuve vivante que le reggae sénégalais n’est pas une alternative, mais un courant profond pour porter la lumière des rastas, qui peut se muer en promesse d’une renaissance perpétuelle : Jah Rastafari.
Oumar Boubacar NDONGO, Fatimata B. BA, Pape FAYE (Vidéo)


