Face aux dérèglements climatiques, à la dégradation des terres et aux menaces sur la santé, des femmes rurales de 23 pays africains se mobilisent à Niaguis pour défendre une agriculture plus respectueuse de l’homme et de la nature. Pendant cinq jours, elles vont harmoniser leurs visions et porter un plaidoyer commun auprès des décideurs pour faire de l’agroécologie une priorité des politiques agricoles africaines.
ZIGUINCHOR – À Niaguis, des femmes rurales africaines veulent parler d’une seule voix pour changer l’avenir de l’agriculture. Réunies depuis ce lundi 26 octobre à l’initiative du mouvement panafricain « Nous sommes la solution », avec l’appui de Thousand Currents, elles entendent faire de l’agroécologie paysanne un levier de souveraineté alimentaire, de protection de l’environnement et d’émancipation des communautés rurales.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le sous-préfet de l’arrondissement de Niaguis, Massamba Mbaye, en présence de responsables d’organisations paysannes et de partenaires. Selon Mariama Sonko, présidente de NSS, l’urgence est d’abord de s’accorder sur une vision commune.
« Aujourd’hui, l’agroécologie est définie de différentes manières. Nous devons nous entendre sur ses principes et parler le même langage pour mieux défendre cette approche », a-t-elle expliqué. D’après elle, cette harmonisation permettra aux réseaux paysans africains de renforcer leur coopération, avant de porter leurs revendications auprès des autorités.
« Notre objectif est de faire comprendre aux décideurs que l’agroécologie doit être davantage prise en compte dans les politiques agricoles nationales et régionales », a ajouté Mariama Sonko. La responsable place la santé des populations au cœur de ce combat.
« La santé des consommateurs, la protection de l’environnement et l’équilibre des écosystèmes doivent passer avant la recherche du profit », a-t-elle insisté, estimant que les dérèglements climatiques et la dégradation des terres rendent indispensable une transformation des pratiques agricoles.
Les femmes au cœur du changement
Cette ambition est également défendue par Thousand Currents. Sa vice-présidente des programmes mondiaux, Zanelle Sibanda, a rappelé que les communautés rurales sont capables de trouver leurs propres réponses aux difficultés qu’elles rencontrent.
« Depuis plus de quarante ans, nous faisons confiance aux communautés. Elles connaissent leurs réalités, peuvent identifier des solutions adaptées et agir ensemble pour améliorer leurs conditions de vie », a-t-elle affirmé.
À ses yeux, l’agroécologie apporte des réponses concrètes aux sécheresses, aux inondations, à l’appauvrissement des sols et aux défis de la sécurité alimentaire. Elle permet notamment de restaurer les terres, de préserver l’eau, de réduire la dépendance aux intrants coûteux et de mieux préparer les exploitations agricoles aux changements climatiques.
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« Les femmes produisent notre nourriture, font vivre nos familles et renforcent nos communautés. Elles doivent donc occuper une place centrale dans les politiques agricoles », a-t-elle plaidé, appelant les gouvernements à soutenir davantage la recherche, les initiatives locales et les infrastructures rurales. Présidant la cérémonie d’ouverture, le sous-préfet Massamba Mbaye a salué l’engagement des femmes et des jeunes dans cette transition.
« Vous êtes au cœur de l’agriculture africaine. Par votre action, vous montrez que l’agroécologie peut contribuer à réduire la pauvreté, à renforcer l’autonomie des femmes et à protéger notre biodiversité », a déclaré l’autorité administrative. Il a invité les délégations à consolider leurs liens pour construire des réponses communes aux défis agricoles du continent.
Durant cinq jours, les participantes venues du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, de la Tanzanie, de la Guinée, de la Zambie, du Zimbabwe, etc., vont partager leurs expériences et élaborer des stratégies communes pour faire connaître davantage l’agroécologie paysanne.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


