Analysant la Déclaration de politique générale, l’économiste, le Dr Mohamed Ndiaye considère que le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, n’a pas dévié de la feuille de route : le Référentiel national de transformation systémique « Sénégal 2050 ».
Pour l’économiste, le Dr Mohamed Ndiaye, l’exercice de la Déclaration de politique générale (Dpg) s’apparente à un arbitrage délicat entre l’audace des transformations et la rigidité des équilibres macroéconomiques. Devant la représentation nationale, dit-il, le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô n’a pas dévié de la feuille de route : le Référentiel national de transformation systémique « Sénégal 2050 » qui demeure le seul cap de l’action gouvernementale. Du point de vue économique, cette prise de parole confirme une volonté d’ancrer le pays dans la continuité stratégique et la stabilité institutionnelle, deux prérequis indispensables pour rassurer les marchés et les partenaires internationaux.
Pour transformer la « Vision 2050 » en réalités tangibles, soutient le Dr Mohamed Ndiaye, l’assainissement des finances publiques constitue le premier chantier critique. « L’exécution du Masterplan devra s’articuler étroitement avec le renouvellement du programme avec le Fonds monétaire international. Alors que la charge de la dette pèse lourdement sur les marges de manœuvre de l’État, un recours structuré au Cadre commun du G20 pour le traitement de la dette devient un levier incontournable », analyse le Dr Mohamed Ndiaye. À l’en croire, une telle démarche permettrait de rééchelonner les obligations financières du Sénégal, d’alléger le service de la dette et de préserver l’espace budgétaire nécessaire au financement des investissements prioritaires de « Sénégal 2050 », sans compromettre la signature financière du pays.
Aux yeux de l’économiste, la Dpg d’hier traduit une orthodoxie d’exécution indispensable. Pour lui, issu du programme « Diomaye Président », le Référentiel vise une rupture structurelle. « L’annonce majeure réside dans le changement de méthode prôné par le chef du Gouvernement. En insistant sur des exigences de « compétence, acharnement au travail et rigueur », le Premier ministre répond à « un impératif d’efficacité opérationnelle pour sécuriser la dépense publique productive et optimiser la collecte des ressources internes », souligne le Dr Ndiaye. Il soutient qu’à ce niveau, l’ambition d’un Sénégal « souverain, juste et prospère » répond aux vulnérabilités structurelles du modèle national.
Il s’agit de la souveraineté économique avec maîtrise des ressources extractives, souveraineté alimentaire et réduction de la dépendance financière extérieure ; de la justice sociale marquée par la redistribution équitable via la création d’emplois formels, le soutien aux Pme/Pmi et l’inclusion financière des jeunes et des femmes. « La portée symbolique de la transmission républicaine observée à l’Assemblée nationale rappelle que dans une sous-région instable, la continuité de l’État sénégalais demeure un atout majeur. Pour les marchés, cette maturité démocratique réduit la prime de risque pays et offre la prévisibilité requise pour attirer les investissements directs étrangers », conclut le Dr Mohamed Ndiaye.
D. DIENG


