Le Collectif des acteurs de l’eau filtrée au Sénégal (Caes) a rejeté, samedi, les conclusions d’une étude réalisée par des chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), selon lesquelles 82 % des sachets d’eau commercialisés au Sénégal seraient impropres à la consommation en raison d’une contamination bactérienne.
Présentée le 23 juin à l’occasion de la Journée scientifique sur la sécurité sanitaire des aliments, l’étude a porté sur une centaine d’échantillons provenant d’une cinquantaine de marques, prélevés à Dakar et à Mbour. Les chercheurs ont conclu que 82 % des échantillons analysés ne respectaient pas les normes de potabilité, évoquant notamment la présence de bactéries d’origine fécale. Selon eux, seuls 4 % des sachets examinés étaient conformes aux normes de consommation.
Face à la presse, le secrétaire général du Caes, Balla Diop, a vivement contesté ces résultats. Il a estimé qu’une étude scientifique ne saurait donner lieu à des conclusions définitives sans vérifications supplémentaires ni contre-expertises.
« Depuis plus de vingt ans que l’eau en sachet est commercialisée au Sénégal et dans plusieurs pays africains, aucune maladie n’a jamais été attribuée à sa consommation », a-t-il déclaré.
Selon lui, le processus de filtration améliore la qualité de l’eau distribuée. « L’eau filtrée ne peut pas être de moins bonne qualité que celle provenant du réseau de distribution », a-t-il soutenu, réaffirmant la confiance du collectif dans les produits mis sur le marché.
Le Caes affirme suivre ce dossier « jusqu’au bout » et dit attendre la publication d’un rapport scientifique complet. Ses responsables soutiennent également que les services d’hygiène insistent surtout sur les bonnes conditions de conservation des sachets d’eau, notamment en recommandant de ne pas les exposer au soleil.
Le secrétaire général du collectif a toutefois reconnu l’existence de producteurs clandestins ne respectant pas les normes en vigueur. Il a assuré que ces derniers sont régulièrement signalés aux autorités compétentes.
«Nous sommes victimes de cette forme de concurrence déloyale, mais nous les dénonçons constamment. Certains sont actuellement traduits devant la justice », a indiqué Balla Diop.
Plus de 700 producteurs et 35 000 emplois
Créé en 2020, le Collectif des acteurs de l’eau filtrée au Sénégal indique regrouper aujourd’hui plus de 700 producteurs répartis sur l’ensemble du territoire national. Selon ses responsables, la filière génère plus de 35 000 emplois, faisant vivre des milliers de familles.
Sur la question des déchets plastiques, le Caes affirme disposer d’une unité de recyclage capable de traiter jusqu’à 100 tonnes de plastique par an, dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale.
Tout en se disant conscient des enjeux de santé publique et de protection de l’environnement, le collectif a évoqué l’existence d’« une main invisible » derrière la médiatisation de cette étude, sans fournir davantage de précisions.
S.G


