L’énergie est devenue un enjeu majeur d’adaptation et de résilience face aux changements climatiques. Mais, pour réaliser l’accès universel en 2029, conformément à son ambition, le Sénégal a besoin de 396 milliards de FCfa. C’est ce qu’a révélé ce lundi 29 juin, Fidèle Djissibone Diémé, secrétaire général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser).
L’électrification rurale est un instrument majeur de mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national (Cdn) en favorisant l’adoption des solutions énergétiques propres, sobres en carbone et adaptées aux réalités locales. Cependant, le Sénégal, qui a l’ambition de réaliser l’accès universel à l’électricité en 2029, compte encore près de 6471 localités non encore électrifiées ; ce qui nécessite un financement d’environ 396 milliards de FCfa. Ces explications ont été données, hier, lundi 29 juin, par le secrétaire général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), Fidèle Djissibone Diémé, lors d’un atelier régional sur l’électrification rurale et la mise en œuvre des Cdn. Cette rencontre de trois jours (29 juin-1er juillet 2026), organisée avec l’appui du secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc), réunit des délégations du Sénégal, du Togo, du Cameroun et du Burkina Faso. Il a aussi été noté la présence des partenaires techniques et financiers, tels que la Banque ouest africaine de développement (Boad) et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). « À travers les échanges que nous aurons au cours de cette rencontre avec les différents participants, les institutions financières en particulier, nous pensons pouvoir lever le financement nécessaire pour réaliser l’accès universel à l’électricité en 2029. Ceci impactera nécessairement la transition écologique », a espéré M. Diémé. Selon lui, au Sénégal, le taux d’électrification en milieu rural tourne, aujourd’hui, autour de 69,84 % et celui au niveau national de 80 %.
« Cette rencontre intervient à un moment décisif. Les pays sont appelés à renforcer leur ambition, améliorer la planification, mobiliser les ressources nécessaires et accélérer la mise en œuvre d’actions porteuses de résultats, notamment dans les domaines de l’adaptation, de l’atténuation, de l’accès à l’énergie et de la résilience des communautés et du développement durable », a soutenu Fidèle Djissibone Diémé. Bouré Diouf, directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, estime que « le temps de l’action climatique n’est plus demain ; il est aujourd’hui ». À l’en croire, c’est dans cet esprit que s’inscrit cette rencontre.
« En favorisant l’échange d’expériences, l’apprentissage mutuel et l’accélération de la mise en œuvre de nos Contributions déterminées au niveau national, nous contribuons collectivement à bâtir des sociétés plus résilientes, plus inclusives et mieux préparées aux défis climatiques du 21e siècle », a-t-il souligné, mentionnant que l’énergie constitue actuellement l’un des piliers essentiels de cette transformation. « Sans énergie accessible, fiable, durable et abordable, il ne peut y avoir ni industrialisation, ni compétitivité économique, ni création d’emplois durables, encore moins d’amélioration significative des conditions de vie des populations », a fait savoir M. Diouf.
Ndiol Maka SECK

