Depuis l’arrivée du nouveau régime, le Sénégal intensifie son recours au marché financier de l’Uemoa afin de mobiliser des ressources destinées à financer l’économie, soutenir les investissements publics et réduire sa dépendance aux financements extérieurs.
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de besoins budgétaires importants et d’incertitudes sur les marchés internationaux. L’année 2025 a été marquée par plusieurs emprunts obligataires réussis. En mars, une opération visant 150 milliards de FCfa a été largement sursouscrite, atteignant 405 milliards de FCfa. En juin, 364 milliards de FCfa ont été mobilisés pour un objectif de 300 milliards de FCfa. En octobre, une levée de 450 milliards de FCfa a de nouveau dépassé les attentes, avant un quatrième emprunt de 400 milliards de FCfa en décembre.
Au-delà des montants mobilisés, ces opérations visent plusieurs objectifs : financer les projets d’infrastructures, soutenir les politiques publiques, améliorer la gestion de la trésorerie de l’État et promouvoir une plus grande souveraineté financière. Elles permettent également de dynamiser le marché financier régional et de valoriser l’épargne locale, y compris celle de la diaspora.
La dynamique s’est poursuivie en 2026 avec un emprunt lancé en février et clôturé en mars, ayant permis de mobiliser 304,15 milliards de FCfa pour un objectif de 200 milliards, soit un taux de couverture de 152 %. Ce succès confirme la confiance des investisseurs dans la signature du Sénégal.
Avec des besoins de financement estimés à 6 100 milliards de FCfa en 2026, les autorités entendent poursuivre cette stratégie tout en veillant à maintenir l’équilibre de la dette et à renforcer la crédibilité financière du pays.
Par Oumar FÉDIOR

