L’édition 2026 de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara) tend vers sa fin. Dans les stands, la diversité des articles représente un vrai kaléidoscope : produits agricoles, machines, bétail, habillements et accessoires. Dans ce lot, les vendeurs de café ne demeurent pas en reste, exposant fièrement leur sélection très prisée.
À la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara), les vendeurs de café se distinguent des autres. Dans un style innovateur, leurs stands font peau neuve pour attirer les visiteurs. Les sachets bien empilés sont bien ordonnés, les uns suivant les autres. Ici, la qualité et l’hygiène priment sur tout. Les vendeurs ne cherchent pas seulement la visibilité, ils mettent en valeur un produit très prisé par les consommateurs. Fodé Sona Seydi capitalise plus de 20 ans d’expérience dans ce domaine.
Vendeur de café et divers autres produits, notamment le thé, il a huit unités de vente de café, en plus des machines de transformation. Son entreprise emploie 20 personnes. Son rêve est de devenir un mastodonte dans la transformation et la vente de café au Sénégal. La stature longiligne, le jeune homme estime que la Fiara est une opportunité pour vulgariser sa marque et montrer tout son potentiel. Il achète la matière première en Côte d’Ivoire, puis l’achemine au Sénégal. « J’ai des machines qui me permettent de transformer le café en poudre. Cela me permet à la fois de vendre du café liquide, mais aussi du café moulu. Pour mieux le préserver, j’ai des sacs modernes destinés à contenir le produit à chaud. Ainsi, dans les événements comme les mariages, les baptêmes et autres, ce matériel me permet de réaliser un grand chiffre d’affaires », renseigne-t-il, soulignant que son business est florissant.
Sona confie également que la transformation du café garantit une valeur ajoutée sur le produit. Pour une maîtrise parfaite de son travail, le jeune homme a glané beaucoup d’expériences avec l’acquisition de nouvelles compétences dans ce domaine. À l’en croire, il a fait suffisamment de recherches et d’études pour renforcer davantage son expertise en l’orientant vers la transformation d’autres produits, y compris le café, le thé, le Kinkéliba, etc. Ainsi, par sa compétence et la connaissance de son domaine, fait-il savoir, il a réussi à former plusieurs jeunes.
D’après Sona Seydi, ce métier requiert un savoir-faire pluriel pour se démarquer des autres. « J’exporte mes produits partout dans le monde, notamment en France, au Canada… C’est un produit très prisé et je reçois pas mal de commandes. C’est ma première participation à la Fiara, mais la satisfaction est totale », renchérit-il. Les allées de la Fiara se transforment en un labyrinthe vivant où le terroir prend vie. Sous les grands hangars et les tentes dressées, le décor est un mélange savant de tradition et de modernité.
Offres diversifiées
Le rythme du salon est dicté par une symphonie : les appels des exposants et surtout le rituel sacré du marchandage. Véritable sanctuaire aromatique, le stand de café se distingue par son élégance sobre. Ici, le décor se fait plus feutré pour laisser place au produit. Sur les comptoirs, les sachets de café sont les stars. Parfaitement alignés, leurs emballages brillants ou en papier kraft mat témoignent d’un soin particulier. Entre les machines qui vrombissent discrètement et les dégustations offertes dans de petits gobelets fumants, le stand de café offre une pause énergisante aux visiteurs.
Tout comme le jeune Fodé, Pape Babacar Gning est un vendeur de café représentant l’entreprise « Café Touba express ». Trouvé dans son stand, téléphone à la main, il veille au grain. Pour lui, leur slogan est l’hygiène avant tout. Il explique que la qualité et l’hygiène doivent être de mise dans ce métier pour gagner la confiance des clients. « Nous avons un torréfacteur destiné au filtre et au lavage de la matière première afin de ressortir les meilleures graines. Cela nous permet de s’assurer que le produit utilisé est de très bonne qualité avant de le vendre aux consommateurs », ajoute Pape Babacar.
D’après lui, la vente de café a pris une nouvelle tournure imposée par la modernité. Maintenant, renseigne-t-il, avec les machines, ils réussissent à gagner du temps et la production prend un rythme beaucoup plus important. « Avec nos machines de transformation du café en poudre, nous pouvons produire jusqu’à deux tonnes par jour », précise l’exposant.
La foire prolongée jusqu’au 26 avril
En raison des récentes perturbations dans le secteur des transports causées par la grève des syndicats, Pape Abdou Fall, commissaire général de la Fiara, a annoncé que l’exposition va continuer jusqu’au 26 avril. D’après lui, beaucoup d’exposants ont raté les premiers jours de la foire et le prolongement de cette date, dit-il, leur permettra de mieux promouvoir leurs produits. Selon M. Fall, la Fiara de cette année a réuni 1764 exposants. Ce chiffre, dit-il, illustre l’intérêt que portent les exposants sur l’événement.
Le promoteur de la Fiara fait état d’un bilan positif après deux semaines d’exposition. « L’entrepreneuriat est en marche au Sénégal. Cela veut dire que d’ici quelques années, le Sénégal aura des capitaines sur lesquels il pourra compter pour son développement économique », souligne-t-il. Pape Abdou Fall a, par ailleurs, salué l’engagement des jeunes et des femmes pour la souveraineté économique du pays. Selon lui, les innovations de la foire ont permis d’agrandir l’espace d’exposition à 25 000 m2, avec une forte demande des exposants.
Bada MBATHIE

