Le montant des cotisations à encaisser par l’Institut de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) est attendu à 174 milliards FCFA en 2026, soit une hausse de 7,2 milliards FCFA. C’est ce qui ressort du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029 rendu public cette semaine par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.
Chargée de la gestion du Régime général de retraite (RGR) et du Régime complémentaire des Cadres (RCC), en application des dispositions de la loi nᵒ 75-50 du 3 avril 1975 relative aux institutions de prévoyance sociale, l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) fait face à des contraintes liées notamment au recouvrement des cotisations.
En fait, selon le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, les principales contraintes identifiées ont trait à la couverture du secteur informel. L’IPRES ne parvient toujours pas à couvrir le secteur informel.
Sur ce, il est relevé dans le document que l’évasion sociale est estimée à plus de 50 % des travailleurs relevant du droit privé du travail alors que la pérennité du système de retraite repose sur le rapport démographique actifs/retraités qui était de quatre pour un dans les années 70, à deux pour un actuellement.
Concernant le financement de la pension minimale, depuis l’instauration de la pension minimale qui a favorisé des droits gratuits attribués à hauteur d’environ 22,8 millions de points supplémentaires, selon la même source, la contribution de l’État n’a pas évolué au même rythme que les charges générées.
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« Néanmoins, l’Ipres continue d’assurer le paiement de ladite pension minimale dont le cumul est estimé à 30 milliards en 2026 ; l’impossibilité de mobiliser le compte de dépôt du Trésor public à souhait : le solde du compte de dépôt avoisine 50 milliards FCFA mais difficilement mobilisable, ce qui pousse l’IPRES à la titrisation moyennant un pourcentage de décote », lit-on dans le document.
En réalité, il est noté un problème de recouvrement des cotisations sociales des entreprises publiques et parapubliques du fait de leurs immunités d’exécution. D’après le DPBEP 2027-2029, les entreprises publiques et parapubliques accumulent beaucoup de retards de paiements des cotisations sociales dues, privant l’institution de ressources nécessaires pour payer les pensions de retraite.
« La dette de ces entreprises publiques, estimée à plus de 26 milliards FCFA en 2024, reste difficilement recouvrable à cause de l’immunité d’exécution dont elles jouissent, plombant ainsi les différents moyens de recouvrement dont dispose l’institution », souligne le texte.
Par rapport à la titularisation massive des agents non-fonctionnaires et à l’érection de la fonction publique locale, le document informe que la titularisation des agents non-fonctionnaires de l’État risque de peser sur les cotisations de l’IPRES. Car le transfert de certains salariés au Fonds national de retraite (FNR), risque de fragiliser l’institution en l’absence de mesures d’encadrement.
« Avec un objectif de recouvrement d’au moins 88 % sur les produits techniques, le montant des cotisations à encaisser est attendu à 174 milliards FCFA en 2026, soit une hausse de 7,2 milliards FCFA », signale le document.
Il urge aussi de souligner que l’Ipres assure le recouvrement des cotisations, le paiement des prestations, la gestion financière des placements ainsi que des services médico-sociaux. Son financement repose sur une double cotisation, 60 % patronale et 40 % salariale, appliquée sur les salaires bruts plafonnés.
Mariama DIEME

