La Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), historiquement connue dans l’exploitation de la canne à sucre, a emblavé 145 ha de niébé fourrager à Richard-Toll, offrant un véritable soulagement aux éleveurs de la zone. Soutenue par les autorités, cette initiative enrichit les sols, améliore l’alimentation du bétail et confirme l’ambition d’aller bien au-delà des 600 ha dans les prochaines campagnes.
La Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS) reste historiquement associée à la canne à sucre. Pourtant, elle vient de confirmer, pour la deuxième année consécutive, son engagement dans la production de fourrage. Cette saison, 145 hectares de niébé fourrager ont été emblavés, un geste salué comme un véritable « ouf de soulagement » par les autorités et les éleveurs. Mme Ndama Thiam, chef de poste vétérinaire de la commune de Richard-Toll et représentante du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, indique qu’on peut dire qu’il y a un « ouf de soulagement ». Dans une zone où cohabitent production de viande, de lait, bovins et petits ruminants, l’amélioration de l’alimentation du bétail constitue un enjeu majeur. « Avec la politique de notre Ministère dans la zone, nous pouvons atteindre l’amélioration de l’alimentation du bétail », souligne-t-elle. De son côté, Amadou Ndiaye, coordonnateur opérationnel des activités agricoles à la CSS, détaille l’opération. Le choix du niébé n’est pas anodin. Cette légumineuse valorise l’azote de l’air, enrichit le sol et offre un fourrage très appétant, particulièrement riche en protéines, prisé par les bovins de la zone. « Ça contribue beaucoup à améliorer l’alimentation du bétail au niveau de Richard-Toll », insiste-t-il.
L’investissement est conséquent. Des dizaines de millions de francs CFA ont été mobilisés pour ces 145 hectares. Après avoir disposé d’un semoir lors de la première édition, la CSS a acquis le sien propre cette année, pour plus de 20 millions de francs, en plus de tracteurs, de personnel et de gasoil. Le ministère a apporté un appui décisif avec plus de trois tonnes de semences, malgré les difficultés à trouver des graines de qualité à cette période. L’objectif initial de 600 hectares n’a pas été atteint en raison de contraintes, mais l’ambition demeure : dépasser ce chiffre dans les prochaines campagnes.
En diversifiant ainsi ses cultures, la CSS ne se contente pas de produire du sucre. Elle contribue à sécuriser le fourrage local, à soutenir les éleveurs et à renforcer la résilience d’une filière essentielle pour le nord du Sénégal. Un partenariat public-privé qui porte déjà ses fruits et promet davantage.
Tidiane SOW (Correspondant)

