Alors que des études alertent sur la qualité microbiologique de certaines eaux en sachet commercialisées au Sénégal, la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs (Dcsc), relevant de la direction du commerce intérieur, assure maintenir un dispositif de contrôle rigoureux. Son chef, le commissaire aux enquêtes économiques Bakary Ndiaye, détaille les mécanismes de surveillance, les sanctions encourues et les réformes engagées.
« Aucun produit destiné à la consommation ne doit être mis sur le marché sans répondre aux exigences de qualité, d’hygiène, d’étiquetage et de traçabilité », affirme le commissaire Bakary Ndiaye, chef de la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs (Dcsc).
Interrogé par « Le Soleil », il explique que les contrôles s’exercent à deux niveaux : avant et après la mise sur le marché. « Les services de la direction du commerce intérieur procèdent à la vérification des unités de production, au prélèvement d’échantillons et à leur analyse en laboratoire. Une autorisation de fabrication n’est délivrée que lorsque les résultats sont conformes », précise-t-il. Sur le terrain, des opérations ciblées sont régulièrement menées dans les zones de forte consommation afin de détecter rapidement les produits présentant un risque. « Ces contrôles permettent également d’identifier les opérateurs et d’assurer la traçabilité des produits », ajoute Bakary Ndiaye.
Il rappelle toutefois que, depuis avril 2020, aucune nouvelle autorisation de fabrication d’eau en sachet plastique n’est délivrée, conformément à la réglementation sur les plastiques. «Toute unité doit disposer des autorisations requises avant la mise sur le marché. Les activités non déclarées font l’objet d’une attention particulière», assure-t-il.
Réagissant aux résultats de l’étude de l’Université Cheikh Anta Diop faisant état d’une contamination microbiologique de certaines eaux en sachet, la Dcsc adopte une position à la fois prudente et ferme. « Nous prenons ces résultats avec le plus grand sérieux. Toute information faisant état d’un risque potentiel pour la santé des consommateurs doit être examinée avec rigueur », déclare le commissaire.
Selon lui, ces données constituent avant tout un signal d’alerte. «Elles appellent à des prélèvements complémentaires ainsi qu’à l’identification précise des circuits concernés », explique-t-il. Il précise cependant qu’aucune décision ne sera prise sans confirmation officielle des analyses. «Le ministère agira sur la base de résultats scientifiquement établis et prendra, sans délai, les mesures qui s’imposent», assure-t-il.
Des sanctions sévères
En cas de non-conformité avérée, les sanctions prévues sont particulièrement sévères. « Nous procédons au retrait immédiat, à la saisie, voire à la destruction des produits », indique Bakary Ndiaye. Les contrevenants s’exposent également à la suspension de leurs activités, voire à la fermeture de leurs unités de production. « La protection du consommateur demeure une priorité absolue. Aucun intérêt commercial ne peut primer sur la santé publique », insiste-t-il.
Parallèlement, le ministère du Commerce annonce le renforcement de son dispositif de surveillance. « Depuis le début du mois de juin, nous avons engagé une réforme visant à mieux encadrer le secteur », révèle le chef de la Dcsc. Cette réforme prévoit notamment l’intensification des contrôles inopinés ainsi qu’une augmentation du nombre de prélèvements.
Au-delà de la répression, l’accent est également mis sur la prévention.
« Nous voulons renforcer la sensibilisation des opérateurs à leurs obligations en matière d’hygiène, de qualité et de traçabilité », explique Bakary Ndiaye, qui invite également les consommateurs à faire preuve de vigilance. Pour le responsable de la Dcsc, l’eau conditionnée est un produit de consommation courante qui ne saurait faire l’objet d’aucune approximation. « Sa qualité ne peut souffrir d’aucune complaisance. Les populations doivent pouvoir consommer en toute confiance », conclut-il.
Par B.G.DIOP

