Le Fonds d’impulsion de la Microfinance (Fimf) et la direction de la Microfinance ont organisé, le mardi 5 mai, à Dakar, un atelier de restitution sur l’étude des opportunités de réseautage des institutions de microfinance. Cet atelier de partage et de validation va aider à identifier les avantages et les contraintes liés au réseautage des institutions.
Évaluer le niveau de maturité institutionnelle, définir les rôles des acteurs clés et proposer des scénarios de mise en réseau adaptés au contexte de chaque institution. C’est l’objectif de l’atelier de partage sur l’étude des opportunités de réseautage des institutions de microfinance. Cette étude va favoriser le passage des Systèmes financiers décentralisés en société coopérative. Cela passera par l’évaluation de la pertinence, des conditions et des modalités de mise en réseau des Imf de petite taille au Sénégal, en rapport avec les exigences et opportunités offertes par la nouvelle loi.
Mamadou Cissé, le président de l’Association des professionnels des institutions de microfinance (Apim) Sénégal, a souligné que la microfinance au Sénégal est à un tournant décisif de son histoire avec la nouvelle loi 2025-04 du 19 février 2025 portant réglementation de la microfinance. « Cette loi, qui introduit des innovations significatives, vise à consolider la solidité et la résilience du secteur qui compte aujourd’hui plus de 4,7 millions de membres et clients, représentant un encours de crédit de plus de 850 milliards de FCFA », a dit Mamadou Cissé. Il a, en outre, fait part de la nécessité pour les institutions de microfinance de faire preuve d’une volonté ferme d’aller vers le réseautage et vers une ouverture sincère au changement. Car, selon lui, le réseautage est un moyen crédible pour résister aux chocs économiques. Poursuivant, il a estimé que la situation des institutions de petite taille mérite une attention particulière, au moment où 75 d’entre elles sont isolées, 13 en cessation d’activités et 27 autres sans retour de rapports à la Direction de la réglementation et de la supervision des Systèmes financiers décentralisés (Drs/Sfd). « Leur disparition de ce maillon essentiel du tissu d’inclusion financière en milieu rural et périurbain représenterait une perte irréparable pour les populations vulnérables qu’elles servent », a ajouté le président d’Apim-Sénégal.
La secrétaire générale du ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Ndèye Déguene Sow, a souligné que, pour relever les défis actuels, il est devenu indispensable de favoriser le réseautage. Alors, poursuit-elle, le législateur a reconnu cette soif de solidarité qui s’articule aux besoins de nos autorités de bâtir une société juste et équitable. « Soucieux de répondre à ce besoin, nous avons pris conscience du fait que ce que l’on fait seul n’a pas d’impact, parce que chaque institution a sa propre partition », a déclaré la secrétaire générale.
Toujours selon elle, cette étude met en lumière les opportunités qu’offre le réseautage entre institutions, à savoir la mutualisation et la gestion des ressources, le partage d’expertise, l’amélioration de la gouvernance et le renforcement de la résilience face aux défis économiques et réglementaires. « Il s’agira, entre autres, de présenter les avantages et les contraintes liés au réseautage des institutions de microfinance, en termes de gouvernance, de gestion des risques, de mutualisation des ressources et de l’impact sur l’inclusion financière », a ajouté Ndèye Déguene Sow.
Djibril NDIAYE


