Dakar a abrité lundi le lancement d’un projet structurant de lutte contre les pesticides extrêmement dangereux et de proposition de solutions alternatives pour la préservation de la santé des agriculteurs et la qualité des sols. Le projet est Financé par le fonds mondial pour la gestion des produits chimiques pour une durée de trois ans. La cérémonie de lancement a été présidée par Baba Dramé directeur de la réglementation environnementale et du contrôle au ministère de l’environnement et de la transition écologique.
Cet atelier régional de lancement du projet « pesticides extrêmement dangereux en Afrique. Analyse de la situation, de la règlementation et des possibilités d’élimination et de remplacement par des alternatives saines et durables » a réuni une centaine de participants venus du Benin, de la Guinée Conakry et du Sénégal. Ils sont institutionnels, experts environnementaux, membres de la société civile, représentants des communautés à partager leurs expériences et échanger sur l’impact négatif des produits chimiques sur la santé humaine et les rendements agricoles.
Ce projet régional est porté par l’organisation « Pesticides action network » ou Pan Africa, en partenariat avec la Guinée Conakry et le Bénin. Il vise à sensibiliser les populations sur la dangerosité des produits toxiques utilisés par les agriculteurs et inviter les décideurs à l’application de la réglementation, et aussi et surtout ’à l’adoption de solution agroécologiques.
385 millions d’agriculteurs et travailleurs agricoles empoisonnées chaque année
Selon Maimouna Diène, coordonnatrice de « Pesticides Action network » région Afrique qui cite les sources de l’organisation mondiale de la santé et de la FAO, environ 385 millions d’agriculteurs et travailleurs agricoles sont empoisonnées chaque année par les pesticides à travers le monde et parmi eux, 11.000 en meurent dont la majorité se trouve dans les pays du Sud.
« En Afrique de l’Ouest, la situation est préoccupante. L’utilisation des pesticides extrêmement dangereux a connu une progression alarmante au cours de ces deux dernières décennies, alors que les conséquences de l’usage de ces produits toxiques sont multidimensionnelles et dévastatrices » note Maimouna Diène, coordonnatrice de Pan Africa.
Celle-ci précise que ces pesticides hautement dangereux sont associés à des maladies graves telles que les troubles neurologiques, les cancers et les malformations congénitales entre autres. De plus, les résidus de ces substances sont retrouvés dans le sang, le lait maternel et le cordon ombilical des femmes travaillant dans l’agriculture. Sur le plan environnemental, Maimouna Diène soutient que la contamination des sols et des eaux souterraines, l’effondrement progressif de la biodiversité entre autres constituent une menace silencieuse mais réelle pour la durabilité des systèmes alimentaires.
Face a cette urgence qui pèse sur la santé des communautés et les rendements de l’agriculture, experts gouvernants et acteurs de la société civile préconisent un changement de paradigmes, en adoptant des mesures alternatives. Dans cette perspective, Baba Dramé, directeur de la réglementation environnementale et du contrôle (Drec) estime que l’agroécologie, la gestion, la gestion intégrée des ravageurs et les biopesticides issus des ressources végétales sont entre autres des solutions économiquement validées, accessibles.
Le directeur Dramé s’est félicité de la pertinence de la thématique et invite les autres départements ministériels concernés à s’impliquer davantage pour l’atteinte des objectifs du projet. Un engagement partagé par Modou Seck, représentant le ministre de l’agriculture qui soutient que l’usage des pesticides participent à l’appauvrissement des sols et par ricochet, diminue la productivité du secteur agricoles.
De son coté, John Jeremy Maughan représentant du cadre mondial sur les produits chimiques à l’ONU a magnifié la qualité des interventions soulignant l’engagement des participants à faire de sorte que ce projet puisse aboutir pour sauver les activités agricoles en Afrique et assurer la santé des agriculteurs.
Pape Coly NGOME


