Pour transformer son agriculture, le Sénégal va lancer le Programme d’appui à la stratégie de souveraineté alimentaire du Sénégal (Pass). D’une enveloppe de 150 milliards de FCfa, il sera déployé dans 10 régions couvrant le Bassin arachidier élargi et la Haute Casamance.
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté alimentaire avec le lancement officiel du Programme d’appui à la stratégie de souveraineté alimentaire du Sénégal (Pass). Doté d’un financement de près de 150 milliards de FCfa et mis en œuvre avec l’appui du Fonds international de développement agricole (Fida), ce programme sera déployé pendant les 6 prochaines années dans 10 régions couvrant le Bassin arachidier élargi et la Haute Casamance. La première réunion du Comité national de pilotage (Cnp), tenue à Dakar, a marqué le démarrage officiel de ce dispositif appelé à devenir l’un des principaux instruments de mise en œuvre de la politique nationale de souveraineté alimentaire.
Au-delà de l’accroissement des productions, le Pass ambitionne de transformer durablement l’économie agricole. Il vise à renforcer la résilience des exploitations face aux changements climatiques, développer les chaînes de valeur, améliorer l’accès aux marchés et accroître les revenus des producteurs, notamment les femmes et les jeunes. « Une souveraineté alimentaire durable ne se mesure pas uniquement en tonnes produites, mais aussi en revenus générés, en emplois créés et en marchés approvisionnés », a rappelé le ministère de l’Agriculture, résumant la nouvelle orientation de la politique agricole nationale.
Le programme cible prioritairement les exploitations familiales et les entrepreneurs agricoles vulnérables. Son intervention s’articule autour de trois axes : la sécurisation et la diversification de la production, la valorisation des produits agricoles grâce au développement des marchés territoriaux et le renforcement de la gouvernance, du suivi-évaluation et de la gestion des connaissances. Présidant la rencontre, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture a indiqué que le Pass permettra de mieux connecter les bassins de production aux marchés, d’améliorer les infrastructures rurales, de soutenir la transformation agroalimentaire et de créer davantage d’emplois et de revenus dans les territoires. Les organisations paysannes ont salué une approche intégrée.
Le président du Cncr, Nadjirou Sall, a estimé que le programme répond aux principaux défis des exploitations familiales, de la production à la commercialisation, tout en appelant à une mise en œuvre rapide, afin que les populations rurales bénéficient rapidement de ses retombées.
Les autorités administratives des régions concernées ont, pour leur part, réaffirmé leur engagement à accompagner le déploiement du projet. Elles ont insisté sur la nécessité de prendre en compte les effets du changement climatique, la salinisation des terres et la résilience des systèmes de production pour garantir des résultats durables.
La réunion a également validé le premier Plan de travail et budget annuel (Ptba 2026) et installé un cadre de gouvernance associant État, collectivités territoriales, organisations de producteurs, secteur privé, institutions financières, société civile et partenaires techniques et financiers.
Avec un investissement de près de 150 milliards de FCfa, le Pass apparaît comme l’un des programmes agricoles les plus structurants de ces dernières années. En misant simultanément sur la production, la transformation, les infrastructures, les marchés et la gouvernance, il entend faire de la souveraineté alimentaire un véritable levier de croissance économique, de création d’emplois et de développement territorial.
Oumar FÉDIOR

