La région de Kédougou a franchi une étape décisive dans le processus préparatoire des Assises nationales des Daara. Autorités administratives, éducatives et religieuses se sont réunies ce mercredi pour examiner, enrichir et valider le rapport régional issu des concertations communales et départementales.
L’adjoint au gouverneur de Kédougou, chargé du développement, Mouhamadoul Moustapha Gaye, a rappelé l’esprit de la démarche, indiquant qu’il s’agit d’une phase de concertation territoriale initiée pour préparer les Assises nationales des Daara. « L’objectif est d’intégrer les écoles coraniques dans le système éducatif national tout en préservant leur essence », a-t-il souligné.
Selon lui, la méthode adoptée repose sur des consultations inclusives et participatives ayant permis d’impliquer les « serignes daara », « borom daara », maîtres coraniques et l’ensemble des acteurs de l’écosystème éducatif religieux. « Nous avons joué un rôle de facilitateur pour assurer la transparence et transmettre fidèlement les propositions issues des départements », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité d’une identification formelle des daaras, d’une réflexion sur la formation des maîtres, le contenu pédagogique et l’insertion socioprofessionnelle des apprenants.
De son côté, l’inspecteur d’académie de Kédougou, Jamal Abdel Nasser Diallo, a présenté la synthèse consolidée des travaux menés dans les trois départements de la région. « Des concertations ont été tenues au niveau communal, puis départemental, avant d’être consolidées en un rapport régional. Ce document se veut fidèle aux conclusions exprimées à la base », a-t-il expliqué.
Le rapport s’articule autour de cinq grandes thématiques : programmes et apprentissages, gouvernance et financement, cadre juridique, environnement d’apprentissage et statut des enseignants. Plus de 900 participants issus de 19 communes ont pris part aux échanges, témoignant d’une forte mobilisation régionale.
La synthèse finale dégage sept consensus majeurs, dont la centralité de la mémorisation du Coran comme essence non négociable du Daara, l’urgence d’améliorer les infrastructures, la nécessité d’un cadre juridique consensuel, la reconnaissance d’un statut officiel pour les maîtres coraniques et la priorité accordée à la protection et au bien-être des enfants.
« Ce rapport constitue la contribution officielle de la région de Kédougou aux Assises nationales. Il pose les bases d’une modernisation harmonieuse, conciliant tradition et exigences contemporaines », a conclu l’inspecteur d’académie.
À travers cette validation, Kédougou affirme sa volonté d’accompagner la refondation du système éducatif sénégalais, dans un esprit de dialogue, de respect mutuel et d’engagement collectif.
Amadou DIOP (Correspondant)

