Ouverte le 15 juillet dernier à Lilongwe, au Malawi, la 3e Conférence internationale Flex2026 a pris fin, vendredi 17 juillet. L’événement a permis de jeter un regard critique sur les apprentissages fondamentaux dans les systèmes éducatifs africains, non sans inviter les États à plus de redevabilité, et à une meilleure prise en charge des compétences fondamentales essentielles en lecture, écriture et calcul, entre autres recommandations.
LILONGWE- Tenue cette année à Lilongwe, la capitale du Malawi, la Conférence internationale Flex2026 consacrée aux apprentissages fondamentaux dans l’école a été un véritable succès aussi bien en termes de mobilisation des acteurs du secteur (plus de 600 participants) que, surtout, du nombre de ministres de l’Éducation ayant pris part à l’événement (34 contre 24 l’année dernière à Kigali) et des recommandations formulées. Le secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (Adea), principale structure organisatrice de l’événement. Albert Nsengiyumva qui a co-présidé la cérémonie de clôture avec le ministre de l’Éducation, des Sciences et de la Technologie du pays hôte, le Malawi, s’est félicité de l’engouement que l’événement suscite de la part des acteurs de l’éducation ainsi que des partenaires au développement.
Au terme de trois jours de travail, plusieurs recommandations ont été formulées en faveur du développement des apprentissages fondamentaux dans les systèmes éducatifs des États d’Afrique. Il suffit de souligner que neuf enfants africains sur dix n’acquièrent pas les compétences de base en lecture, en écriture et en calcul, dans le cycle fondamental pour mesurer l’ampleur de la tâche qui interpelle les États pour inverser cette tendance. Selon le communiqué final du Flex2026, il urge de relever ce défi d’ici à 2035 conformément aux objectifs fixés dans le cadre de la décennie de l’éducation de l’Union africaine. Les États ont été invités à plus d’actions que d’intentions et de déclarations, car, selon le document, « si des mesures accélérées ne sont pas prises à grande échelle, un million d’enfants en Afrique continueront à être privés de compétences fondamentales essentielles en lecture, écriture et en calcul ».
Redevabilité et leadership
Il faut, selon le communiqué, un engagement collectif des États et des communautés pour mettre fin à la pauvreté de l’éducation en Afrique. « Il s’agit de traduire les ambitions en action durable », a-t-on indiqué lors de la cérémonie de clôture.
Il a été préconisé aussi d’assurer une continuité des actions en faveur du cycle fondamental et surtout, un leadership politique afin de promouvoir une pédagogie forte et adaptée par des données probantes dans les systèmes éducatifs nationaux. Aussi, l’introduction des langues maternelles et leur développement dans les enseignements-apprentissages demeurent un défi à relever, car il a été reconnu aussi qu’un enfant qui apprend dans sa langue maternelle réussit mieux qu’un autre qui le fait avec une langue étrangère. « Il faut aussi promouvoir un enseignement dans les langues que les enfants comprennent dès le bas-âge », a-t-on recommandé. Cette pédagogie doit être associée aussi à un soutien accru des enseignants et à une utilisation rigoureuse des données d’évaluations et des données administratives pour renforcer la responsabilisation, selon le communiqué.
Les participants demandent également « une harmonisation cohérente des financements en fonction des priorités nationales », mais aussi une augmentation des ressources allouées à l’enseignement fondamental. L’autre recommandation vise à permettre à chaque enfant, y compris ceux en situation de handicap ou vivant dans des zones défavorables où impactées par les effets du changement climatique, de bénéficier d’une scolarisation de qualité.
Un accent particulier a été mis sur le cas des pays éprouvés par des conflits ou le déplacement massif de populations dont les enfants ne parviennent plus à étudier.
Gestion des ressources
Un autre point fort des recommandations concerne la gestion des ressources allouées au secteur. Sur cette question qui a beaucoup retenu l’attention, il a été recommandé de renforcer la responsabilité et la redevabilité. Aussi, un appel à l’action concrète conformément à l’agenda de l’Union africaine a été formulé. Ainsi, les États ont été invités à renforcer les partenariats et la collaboration avec le secteur privé, mais surtout de revoir toujours à la hausse les ressources budgétaires destinées à l’éducation.
À ce sujet, Flex2026 recommande une augmentation conséquente des fonds alloués à l’apprentissage fondamental en donnant la priorité à la formation des enseignants et à la disponibilité du matériel didactique et autres supports technologiques pouvant être utilisés dans les enseignements-apprentissages dès la petite enfance. L’évaluation des acquis et des supports pédagogiques ainsi que le renforcement du flux des données scolaires entre les établissements et les instances étatiques nationales demeure également un défi à relever, selon le communiqué lu aux termes des travaux. Selon le document, il s’agit de mettre en place des systèmes de mesure, de suivi et de responsabilité crédibles et durables, mais aussi de poursuivre le développement à grande échelle des données probantes qui concernent les apprentissages fondamentaux.
De notre envoyé spécial au Malawi, Seydou Prosper SADIO

