Dakar accueille, depuis hier, un atelier régional de trois jours (18 au 20 août) sur les bonnes pratiques et expériences éducatives en matière d’innovations et de connaissances. En partenariat avec le Centre Gpe Kix Afrique et le ministère de l’Éducation nationale, la rencontre réunit des représentants du Bénin, de la Guinée, de la Mauritanie et du Sénégal.
Rapprocher la recherche de la décision publique et faire des connaissances produites, un véritable instrument de transformation des systèmes éducatifs. C’est l’ambition de l’atelier régional sur les bonnes pratiques et expériences en matière de partage de connaissances et d’innovations, ouvert, hier, à Dakar.
À l’initiative du ministère de l’Éducation nationale et du Centre Gpe Kix Afrique 21, un pôle régional de partage de connaissances et d’innovations éducatives basé à Dakar, des acteurs venus du Bénin, de la Guinée, de la Mauritanie et du Sénégal confrontent leurs expériences et travaillent sur les mécanismes permettant aux résultats de la recherche de mieux alimenter les politiques éducatives nationales.
Représentant le ministre de l’Éducation nationale à l’ouverture des travaux, le directeur de l’Institut national d’étude et d’action pour le développement de l’éducation (Ineade), Assane Sow, a résumé l’enjeu de la rencontre sur ces termes : « Faire parler la connaissance au pouvoir et faire écouter le pouvoir à la connaissance ». Une ambition qui, selon lui, doit conduire à mettre davantage en lumière les résultats des projets de recherche soutenus par le programme Gpe Kix Afrique.
Pour M. Sow, l’enjeu, c’est aussi d’établir des synergies solides entre les activités du Centre et les priorités inscrites dans les pactes de partenariat des différents pays. Il s’agit, dit-il, « de bâtir des passerelles durables entre la recherche, le dialogue politique et les cadres stratégiques nationaux ». Cette volonté d’aller au-delà des échanges théoriques devrait se traduire par des résultats directement exploitables.
Au terme des trois jours de travail, les participants devront notamment produire des feuilles de route nationales validées, formuler des recommandations fortes et définir un dispositif de suivi des engagements pris. La dimension sous-régionale de la rencontre constitue, à cet égard, un levier important.
Selon Assane Sow, réunir le Bénin, la Guinée, la Mauritanie et le Sénégal relève d’un choix stratégique. « C’est le pari que ces États réunis iront plus loin, plus vite et plus fort que chacun séparément », a-t-il soutenu. Mutualiser les expériences nationales Les panels et travaux de groupe prévus durant la rencontre doivent ainsi devenir, selon lui, « le laboratoire vivant d’une Afrique de l’Ouest qui choisit de penser ensemble». Il a invité les délégations à faire de cette rencontre un espace de co-construction susceptible de déboucher sur des solutions adaptées aux réalités de chaque pays. :
Cette orientation est partagée par l’Agence universitaire de la Francophonie (Auf). Pauline Delacroix, responsable de projets à l’Auf, a insisté sur la nécessité d’établir un continuum entre la production scientifique et l’action publique. Pour elle, les connaissances produites ne doivent pas rester confinées dans les espaces scientifiques. L’atelier régional doit précisément permettre de franchir cette étape.
Représentant la Confemen, Prosper Tonato estime que l’engagement des quatre pays traduit une conviction commune : « les transformations durables des systèmes éducatifs reposent aussi sur la capacité des États à apprendre les uns des autres, à partager leurs expériences et à valoriser les connaissances produites dans différents contextes ». Pour la Coordinatrice du Centre Gpe Afrique, Maïmouna Cissoko Touré, l’un des principaux défis sera l’accompagnement des quatre pays dans l’élaboration ou le renforcement de leurs feuilles de route, afin de mieux intégrer les productions scientifiques et les innovations générées dans leurs politiques éducatives.
Daouda DIOUF

