Tout comme les humains, les oiseaux ont une mission à accomplir sur terre. Au-delà du simple envol spectaculaire, ce sont aussi de bons voisins qui aident à décrypter des messages de la nature. En dépit de ce rôle prépondérant qu’ils jouent, les oiseaux ne sont pas à l’abri des dangers. Ainsi, ils se déplacent d’un point A à un point B à la recherche d’un havre de paix, de la nourriture ou même d’un endroit idéal pour la reproduction.
FATICK- Leur existence peut sembler anodine aux yeux de certains. Pourtant, les oiseaux jouent un rôle de premier plan dans la vie sur terre. Ces cadeaux du ciel, qui nous survolent à longueur de journée ne font pas que du spectacle. Ils nous parlent, nous alertent, nous envoient des messages, nous enseignent et nous mettent en garde. Ce sont des indicateurs, des boussoles, mais également des annonciateurs qui décryptent le message de la nature. Les pêcheurs peuvent en témoigner. Quand le poisson disparaît des radars, ces derniers observent le mouvement des oiseaux qui se jettent dans l’eau pour montrer un banc de poissons. Mieux, selon certaines croyances, un certain oiseau de la mangrove peut même informer l’homme du plat familial du jour. Autrement dit, à chaque cri, l’on donne au hasard le nom d’un plat jusqu’à ce qu’il se taise. Et là, le dernier nommé, tout juste après le silence du petit oiseau, constitue le plat du jour. Suffisant pour matérialiser la relation intrinsèque entre ces belles créatures et les insulaires, riverains de la mangrove.
Ainsi, tout comme les hommes, les oiseaux tiennent à leur tranquillité. Ils ne se lassent jamais d’aller à la recherche d’un havre de paix. En provenance d’horizons lointains, beaucoup d’espèces aviaires prennent d’assaut le site paradisiaque de Palmarin (Fatick) qui abrite un reposoir naturel fréquenté par plus de 10.000 oiseaux migrateurs.
Des acteurs de l’information se sont rendus sur les lieux pour mieux s’apercevoir de la vie aquatique somptueuse de ces individus parfois même trop capricieux. Riche en images et en découvertes, la visite s’est organisée en marge d’un atelier initié par Wetlands en collaboration avec BirdLife du 31 août au 1 septembre 2026 à Campement-Ndangane, dans la commune de Fimela (Fatick). Durant ces deux jours, des journalistes et des créateurs de contenus venus d’horizons différents ont été formés davantage sur la communication environnementale. Cette session de renforcement des capacités a tenu toutes ses promesses. En témoignent les nombreux échanges passionnants à l’issue des présentations successives faites brillamment par les formateurs. Il s’agit, pour ces derniers, de réfléchir, avec les acteurs de l’information, à communiquer sur les risques environnementaux qui guettent les oiseaux migrateurs. Comme le précise Khady Guèye, coordonnatrice de programmes à Wetlands, “les oiseaux migrent pour diverses raisons. Ils vont, soit à la recherche de nourriture, soit pour la reproduction, soit pour échapper aux effets du changements climatiques”.
À la lumière des explications de l’ornithologue, on constate que les espèces aviaires, qui quittent le plus souvent des pays lointains, sont, pour ainsi dire, comparables à des demandeurs d’asile. D’où l’obligation de prendre soin d’elles à travers la protection de l’environnement. À cet effet, leur habitat naturel devient pour elles une zone à haut risque si les humains n’y prennent pas garde. Lors de ses présentations, le professeur et consultant en environnement, Moustapha Sène, s’est penché sur les risques imminents qui guettent la nature. Ainsi, l’enseignant au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) a évoqué “des menaces multiples sur les zones humides, la pollution et la surexploitation des espèces, la dégradation des formations naturelles…”. Autant dire que les vivants, humains comme animaux, font face à une équation écologique plus que redoutable. C’est pourquoi d’ailleurs la Réserve naturelle communautaire de Palmarin, vaste de 10.000 hectares et fief de plusieurs milliers d’oiseaux, fait l’objet d’une prise en charge accrue. À en croire Lamine Loum, adjoint au conservateur de la réserve, le site est permanemment protégé grâce à une gestion communautaire. “Tout le monde participe, l’État comme les populations”, a ainsi renseigné M. Loum.
El hadji Fodé SARR (Correspondant)


