L’Ong « Natural Justice » et ses partenaires ont lancé, à Dakar, le 1er septembre 2026, une campagne nationale consacrée au genre et au climat. L’initiative veut renforcer la participation effective des femmes, notamment rurales, dans les décisions liées au climat, à l’environnement et à la gestion des ressources naturelles.
Faire des femmes de véritables actrices de la gouvernance climatique. C’est l’ambition affichée par l’Ong « Natural Justice » et ses partenaires avec le lancement, le 1er septembre 2026, à Dakar, de la campagne nationale « Genre et Climat ». L’initiative s’appuie sur plus de deux années de recherche consacrées à la place des femmes rurales dans les décisions environnementales et climatiques.
Pour Dr Sokhna Dié Ka, directrice du Hub de Dakar de « Natural Justice », cette campagne doit permettre de passer du constat à l’action. « Les femmes sont fortement dépendantes des ressources naturelles et particulièrement présentes dans des secteurs exposés aux effets du changement climatique, comme l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’horticulture ou encore la saliculture. Elles supportent également une importante charge domestique et de soins. Le changement climatique ne leur prend pas seulement les ressources, il leur prend aussi du temps », a-t-elle souligné. Elle a rappelé que la raréfaction des ressources peut allonger les distances et le temps consacré aux activités quotidiennes.
Mais au-delà de leur exposition aux conséquences du dérèglement climatique, c’est leur faible poids dans les espaces de décision qui préoccupe les initiateurs de la campagne. « Nous ne devons pas seulement rechercher la présence des femmes autour de la table. Nous devons également nous assurer que leur voix compte réellement dans les décisions qui sont prises », a ajouté Sokhna Dié Ka. La campagne entend ainsi renforcer la connaissance des droits, le leadership féminin et la participation des femmes aux processus de décision. Une coalition nationale « Genre et Climat » a été lancée pour porter ce plaidoyer dans la durée, avec la mobilisation des pouvoirs publics, des collectivités territoriales, de la société civile, des médias, des institutions de recherche et des partenaires techniques et financiers.
Représentant le ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Amadou Diaw, directeur de cabinet, a salué une initiative qui replace la question du genre au cœur de la réponse climatique. « Les changements climatiques ne sont pas seulement une question environnementale. Ils constituent également un enjeu de justice sociale et d’égalité », a-t-il déclaré. Il a appelé à dépasser une simple logique de représentation. « Le véritable enjeu n’est plus de savoir combien de femmes sont présentes, mais surtout combien participent de manière effective aux processus de décision », a-t-il estimé.
La campagne ambitionne ainsi de transformer la participation des femmes en véritable pouvoir d’influence, afin qu’elles puissent porter leurs priorités et contribuer directement aux décisions concernant leurs territoires.
Par Babacar Guèye DIOP

