« Zéro déchet », un petit slogan, une grande portée dans la ban-lieue où l’association « Union progressiste de Yeumbeul Sud » est en perpétuelle lutte contre l’insalubrité, le manque d’hygiène, entre autres. Dimanche 3 août, ses membres se sont encore ras-semblés pour nettoyer les ruelles du quartier « Thiaroye Kaw », dans une belle ambiance et un élan de patriotisme. Zéro déchet
Tous les 15 jours, les membres de l’association « Union progressiste de Yeumbeul Sud » font le tour du quartier pour matérialiser leur slogan : zéro déchet. Ce dimanche 3 août, aux environs de 11h, les jeunes sont à pied d’œuvre. Ils en-chaînent les va-et-vient, avec une énergie débordante, pour enlever les détritus qui jonchent les coins et recoins du quartier. Dans ce lot d’immondices, les déchets plas-tiques participent à rendre le décor encore plus glauque. Sous une chaleur suffocante, jeunes femmes et garçons, les habits mouillés de sueur, sont à la tâche. Les rues résonnent de rires et de conversa-tions animées. Des jeunes, vêtus de gilets, se déplacent en groupes, armés de gants, de sacs-poubelles, et de pinces. Ils arpentent chaque recoin, ramassant les bouteilles en plastique, les papiers et autres sa-letés, etc. D’autres s’activent de-vant leurs maisons, balayant les trottoirs, taillant les haies, et s’as-surant que chaque entrée du quar-tier reste impeccable.
Engagement social
Une véritable collaboration s’ins-talle entre habitants du quartier. La bonne humeur est la seule règle. L’implication est générale, de la plus jeune main, qui ramasse un mégot, à la plus âgée qui or-ganise le tri des déchets. À mesure que la journée avance, la pile de sacs-poubelle remplis grandit, signe visible des efforts de tous. L’air se fait plus pur, les espaces verts plus nets, et le quartier entier respire mieux. Le désensablement des abords de la route principale fait que cette voie affiche un décor éclairé. Les chauffeurs qui passent contribuent à l’effort collectif en donnant des pièces de monnaie, tandis que d’autres passants ap-portent des sachets d’eau pour le rafraîchissement. Le travail de l’association semble déjà porter ses fruits, puisque qu’une grande frange de cette communauté a adhéré au concept. Le sexagénaire Modoy Mbacké Dieng magnifie l’esprit rassembleur des membres de l’association. Assis conforta-blement sur une chaise, les yeux rivés sur son magasin de stockage de cartons, l’homme à la barbe poivre et sel veille au grain avec ses enfants qui empilent les rouleaux de cartons. Sa place jouxte le trottoir, lui offrant une vue di-recte sur les activités des membres de la structure. Pour lui, ce que fait cette association est un mo-dèle, que l’on doit vulgariser un peu partout. « Ces actions nous permettent de vivre dans un cadre propice, avec toute l’hygiène re-quise. Ces gens participent quoti-diennement à la propreté de notre quartier. Ils travaillent d’arrache-pied et sans relâche avec les moyens du bord. Je demande aux habitants d’être plus conscients et éviter de salir », indique-t-il, la mine joviale. Cependant, Khadim Bitèye, membre de l’association déplore la non-assistance de la municipalité. Le jeune homme, communément appelé « Capitaine » par ses camarades, du fait de son engagement, représente le maillon fort. Rassembleur à l’esprit très positif, le jeune homme mobilise, sans réserve, toutes ses forces, dans la sensibilisation de sa commu-nauté, selon les témoignages de ses amis.
Le visage couvert de sueur, un râteau à la main, il déplore le « peu d’implication » des autorités lo-cales dans les initiatives ci-toyennes. « Nous n’avons aucun appui matériel de leur part. Ce sont nos cotisations qui nous permettent d’acheter ce dont on a be-soin, et parfois le manque de moyens nous limite dans nos ac-tions. C’est regrettable, si elles pou-vaient être à nos côtés, et nous ap-puyer, nous pourrions réaliser beaucoup de chose », a souligné Khadim Bitèye.La journée s’achève sur un grand moment de convivialité, où le sentiment d’avoir contribué à quelque chose de grand se lit sur tous les visages. Il ne s’agit pas seulement de net-toyage, mais d’une réaffirmation de la fierté d’habiter ce quartier, une démonstration de ce qui peut être accompli lorsque chacun s’en-gage pour le bien commun.
Bada MBATHIE


