La gestion intégrée du littoral préoccupe l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts) qui a ouvert, hier, lundi 21 septembre, un atelier de cadrage. Plusieurs enjeux liés aux zones côtières sont abordés, notamment le cadre législatif et réglementaire.
L’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts), en partenariat avec le Centre du suivi écologique (Cse), a ouvert, hier, lundi 21 septembre, à Dakar, un atelier de deux jours pour faire le point des connaissances scientifiques sur le littoral qui a subi beaucoup de transformations. Cette rencontre sur la gestion intégrée des côtes sénégalaises, longues de plus de 700 km, est organisée sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Selon le Pr Ibrahima Ly, juriste et président de la section Sciences sociales et humaines de l’Ansts, le littoral doit être protégé et non agressé. « Nos discussions seront axées sur le cadre législatif et réglementaire, mais également sur la question du financement, car sans ressources financières, nous ne pourrons pas gérer le littoral », a-t-il estimé.
Le Pr Ly a rappelé que la gestion du littoral est transversale et demande l’appui, pas seulement de l’État, mais aussi des collectivités territoriales, des communautés et de tous ceux qui s’y élisent. L’universitaire a, en outre, déploré l’absence d’une loi sur le littoral alors qu’ils y travaillent depuis 15 ans. « Le projet de loi sur le littoral est en discussion depuis des années, voire plus d’une décennie. Il faut une synergie d’actions et une implication de tous les acteurs publics et privés, ainsi que les partenaires au développement pour y arriver », a-t-il lancé. Abordant la question du financement pour une gestion intégrée du littoral, Ibrahima Ly a indiqué que « le montant global n’est pas encore évalué ». Il a estimé que « le partenariat public-privé fait partie de l’un des axes du financement ». Selon lui, un montant ne peut pas être avancé aujourd’hui sur le coût relevant de la gestion du littoral. « Peut-être que ce sera fait après avoir identifié l’ensemble des questions qui sont posées et nous sommes en train de le faire », a précisé le spécialiste.
Le Pr Ly a assuré qu’à la fin des travaux auxquels des résultats probants sont attendus, le littoral devrait cesser d’être ce qu’il est aujourd’hui : « agressé, pollué et occupé ». Pour sa part, le Dr Ousmane Kane, vice-président de l’Ansts, a souligné que la gestion du littoral est un problème majeur qui touche les communautés. Donc, les pouvoirs publics doivent, à son avis, tenir cela en compte. M. Kane, par ailleurs président de la section des Sciences agricoles de l’Ansts, a soulevé la forte pression foncière qui s’exerce sur le littoral, combinée à l’exploitation offshore du pétrole et du gaz, suscitant de nombreuses inquiétudes. « La réflexion sur la gestion intégrée des zones côtières en général et du littoral en particulier a fait l’objet de beaucoup de travaux de la part des scientifiques pour une meilleure gestion des zones côtières », a-t-il déclaré, plaidant pour l’élaboration d’une feuille de route.
Au nom du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le directeur général de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Hamidou Dathe, a souligné que le thème de l’atelier correspond à l’axe « Aménagement du territoire et développement durable » de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Il a expliqué que « le littoral est un système complexe », avec notamment « la montée de la mer, la spéculation foncière, l’exploitation foncière, la pollution des populations et les pêcheurs ». Au terme des travaux, il est attendu une feuille de route prenant en compte toutes ces problématiques.
Serigne Mansour Sy CISSÉ

