La forte chaleur ressentie ces derniers jours à Dakar, avec des températures oscillant entre 30 et 33 °C, s’explique par des conditions météorologiques propres à cette période de transition vers l’hivernage. Selon Tidiane Camara, ingénieur prévisionniste à l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), le phénomène est principalement lié au remplacement des alizés maritimes par les vents de mousson. « Les alizés maritimes, qui sont des vents relativement frais, sont progressivement remplacés par les vents de mousson, plus chauds et chargés d’une importante quantité de vapeur d’eau. Cette humidité stagne sur le pays, notamment dans la région de Dakar », a-t-il expliqué au téléphone. Cette forte humidité modifie considérablement la perception de la chaleur. « Le mécanisme naturel de refroidissement du corps humain, qui repose sur l’évaporation de la transpiration, fonctionne moins bien lorsque l’air est presque saturé en humidité. La sueur s’évapore difficilement ; ce qui empêche le corps de se refroidir efficacement », a précisé le prévisionniste. Dans ces conditions, la température ressentie peut facilement atteindre 40 °C, soit un niveau comparable à celui observé dans des localités de l’intérieur du pays comme Tambacounda, voire davantage à certains moments de la journée. À ce phénomène s’ajoutent d’autres facteurs. Le réchauffement des eaux côtières contribue à maintenir un air chaud et humide au-dessus de Dakar. Par ailleurs, la couverture nuageuse observée durant la nuit limite le refroidissement de l’atmosphère en retenant une partie du rayonnement thermique émis par le sol. « Les températures nocturnes descendent rarement en dessous de 25 °C. Cette situation empêche les habitants de bénéficier de la fraîcheur habituelle de la nuit et entretient une sensation d’étouffement qui se prolonge jusqu’au lendemain », a souligné Tidiane Camara. Selon l’ingénieur prévisionniste, ces conditions sont caractéristiques de la période de transition vers l’hivernage. « Elles expliquent pourquoi les Dakarois ont actuellement l’impression de subir une chaleur bien plus intense que ne l’indiquent les relevés de température », a-t-il expliqué.
Babacar Guèye DIOP


