À Johannesburg, le Sénégal confronte sa trajectoire de transition énergétique à l’expérience sud-africaine, plus avancée dans la mise en œuvre du Partenariat pour une transition énergétique juste (Jetp). Les échanges mettent en évidence des enseignements sur le financement, la préparation des projets, la gouvernance et la mobilisation du secteur privé.
JOHANNESBURG – Le Sénégal peut tirer de précieux enseignements de l’expérience sud-africaine dans la mise en œuvre du Partenariat pour une transition énergétique juste (Jetp). C’est l’un des principaux enseignements des échanges entre les délégations des deux pays réunies à Johannesburg, du 17 au 19 août 2026, pour partager leurs expériences sur la transformation des engagements en investissements concrets.
L’Afrique du Sud dispose d’une expérience plus avancée dans la mise en œuvre de son partenariat. Sa démarche repose sur une architecture institutionnelle associant plusieurs départements de l’État, les collectivités locales, les institutions financières, le secteur privé et les communautés. La coordination, le suivi des projets, la mobilisation des financements et l’identification des blocages occupent une place importante dans ce dispositif.
Pour le Sénégal, engagé depuis 2023 dans le Jetp avec ses partenaires internationaux, l’enjeu est désormais de passer de la planification à l’exécution. Le partenariat prévoit un engagement initial de 2,5 milliards d’euros, plus de 1.600 milliards de FCfa, tandis que le pays a élaboré un plan d’investissement destiné à donner une traduction concrète à sa transition énergétique.
L’expérience sud-africaine montre d’abord que les financements annoncés ne suffisent pas. Les projets doivent être suffisamment préparés pour pouvoir attirer les capitaux et passer rapidement à la phase d’investissement. L’assistance technique, les garanties, les financements concessionnels et la réduction des risques apparaissent ainsi comme des leviers essentiels.
Le secteur privé constitue également une pièce maîtresse du dispositif. La transition énergétique nécessite des investissements qui dépassent les capacités des budgets publics. Les financements concessionnels permettront de réduire les risques et de mobiliser davantage de capitaux privés.
La gouvernance constitue un autre enseignement. En Afrique du Sud, la transition dépasse le seul secteur électrique. Elle concerne notamment l’industrie, les transports, l’emploi, les territoires et les communautés affectées par la transformation du système énergétique.
Cette approche rejoint plusieurs orientations du Jetp sénégalais, qui intègre notamment l’accès universel à l’énergie, l’industrialisation, les transports, l’agriculture, la cuisson propre, l’efficacité énergétique et le transfert de technologies.
Les trajectoires énergétiques des deux pays restent toutefois différentes. L’Afrique du Sud cherche principalement à réduire sa forte dépendance au charbon. Le Sénégal, lui, développe ses énergies renouvelables tout en considérant le gaz comme une énergie de transition. Cette particularité impose à Dakar de construire sa propre trajectoire et d’éviter qu’une phase de recours au gaz ne crée une dépendance durable aux énergies fossiles.
De notre Envoyé spécial en Afrique du Sud, Babacar Guèye DIOP

