La station d’épuration de Mbour pourrait bientôt devenir un véritable pôle de valorisation des eaux traitées et des boues d’assainissement. C’est ce qui ressort de l’étude de faisabilité présentée vendredi à Saly. Le projet ouvre des perspectives dans l’agriculture, la création d’emplois et la protection de l’environnement.
MBOUR– Les eaux usées et les boues de vidange ne devraient plus être considérées comme de simples déchets. C’est le changement de perspective défendu hier à Saly, lors de l’atelier de restitution de l’étude de faisabilité pour la valorisation des sous-produits de la station d’épuration de Mbour. Une rencontre qui a réuni autorités administratives, collectivités territoriales, le forum civil, les acteurs techniques et représentants des populations.
Selon Séni Diéne, directeur général de l’Office national de l’assainissement (Onas), cette étude est née de la volonté de transformer les contraintes de la station en opportunités pour les populations riveraines et les maraîchers. « L’objectif principal est de transformer les contraintes de la station en opportunités », a-t-il indiqué.
En effet, les résultats ont montré un potentiel important. D’ailleurs, l’eau épurée pourrait notamment être utilisée pour le maraîchage, la floriculture, l’arboriculture fruitière et la pisciculture. Une expérimentation de culture fourragère menée aux abords de la station a déjà donné, selon l’ONAS, des résultats prometteurs.
D’après Seni Diéne, l’étude fait également état de perspectives économiques intéressantes. Selon le patron de l’assainissement au Sénégal, le chiffre d’affaires prévisionnel du scénario retenu passerait d’environ 25 millions de francs CFA en première année à 94,5 millions de francs CFA par an à partir de la huitième année.
La rentabilité reste toutefois liée à la maîtrise des coûts, aux rendements et aux conditions de commercialisation. Au-delà de l’aspect économique, le projet vise à améliorer le cadre de vie des populations. La suppression du rejet des eaux traitées dans le marigot de Mballing permettrait notamment de réduire les nuisances olfactives et de mieux protéger l’environnement.
Le directeur de cabinet du maire de Malicounda, Mor Fassa Ndiaye, estime que le projet traduit « un changement de paradigme ». « Pendant longtemps, les boues de vidange et les eaux usées ont été perçues uniquement comme des nuisances ou des sources de pollution. Aujourd’hui, nous parlons désormais de ressources, d’opportunités économiques et d’engrais organiques », a-t-il souligné.
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Venu représenter le préfet de Mbour, l’adjoint au préfet Mamadou Farba Sy a insisté sur les enjeux sanitaires et environnementaux. Dans un département marqué par une forte croissance démographique et une importante activité touristique, il considère l’amélioration de l’assainissement comme un enjeu majeur pour la protection des populations, des plages et des ressources halieutiques.
Reste maintenant à mobiliser les financements nécessaires. Selon l’étude, les investissements initiaux sont évalués à 328,46 millions de francs CFA hors taxes. Ils concernent notamment la réhabilitation et la sécurisation du site, les équipements de la station de traitement des boues de vidange, les équipements agricoles et le système de valorisation des eaux traitées.
Pour l’Onas, l’heure est donc à la mobilisation des partenaires techniques et financiers. « Le moment est venu pour nous de réfléchir et de proposer des solutions durables », a lancé Seni Diène. L’ambition est de faire de la station d’épuration de Mbour un levier d’économie circulaire, de création d’emplois et de la préservation de l’emploi.
Ibrahima Mbaye (Correspondant)


