Au Brésil, lors de la Cop 30 en novembre 2025, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) avait alerté : le réchauffement de la planète va se poursuivre. Au Sénégal, ces temps-ci, il ne suffit plus de sortir de chez soi pour constater qu’il fait chaud. Très chaud. Dans les maisons, les rues de Dakar, les transports, les marchés, les chantiers ou les maisons mal ventilées, chacun cherche un peu d’ombre, un courant d’air ou un verre d’eau fraîche. Nous avons tellement l’habitude de la chaleur que nous la considérons presque comme une fatalité. Mais sommes-nous encore face à une simple question de météo ? La question mérite d’être posée.
En 2026, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) a annoncé des épisodes avec des températures pouvant atteindre 43 à 46 °C dans certaines zones de l’est et du sud-est du pays, et jusqu’à 40 à 44 °C dans le nord et le centre. Avec ces niveaux, la chaleur peut affecter la santé, les conditions de travail, l’agriculture, la consommation d’eau et même notre manière de concevoir les villes. Le plus intéressant est que cette question commence à être prise au sérieux. En février 2026, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, avec ses partenaires comme le Centre de suivi écologique (Cse), a engagé la construction d’un Plan d’action chaleur pour mieux préparer le système de santé aux vagues de chaleur. Le dispositif doit notamment permettre de renforcer l’alerte et de transformer les informations climatiques en actions sanitaires.
Mais au-delà des plans et des dispositifs, il y a notre quotidien. Pourquoi attendre qu’une vague de chaleur soit annoncée pour penser aux personnes qui travaillent toute la journée au soleil ? Pourquoi ne pas davantage adapter les horaires sur certains chantiers lorsque les températures deviennent extrêmes ? Pourquoi nos marchés, écoles, gares et certains espaces publics disposent-ils encore de si peu d’ombre ? Et surtout, pourquoi continuons-nous parfois à considérer l’arbre comme un simple élément décoratif ?
Face à la chaleur, l’arbre est une infrastructure naturelle. Il donne de l’ombre, améliore le confort thermique et participe à la qualité de notre environnement. Faire survivre les arbres l’est encore davantage. La réponse à la chaleur ne doit évidemment pas être de climatiser tout le Sénégal. Ce serait difficilement soutenable pour nos finances comme pour notre consommation énergétique.
Il faut aussi apprendre à construire et à aménager autrement : davantage d’arbres, des espaces ombragés, une meilleure ventilation des bâtiments, des matériaux adaptés et des lieux publics où chacun peut se protéger du soleil. Et puis il y a l’essentiel : l’information. Une alerte chaleur ne devrait pas seulement nous dire qu’il fera 40 ou 42 degrés. Elle doit nous expliquer ce que cela signifie pour une personne âgée, un enfant, un travailleur en plein air ou une personne malade. Elle doit nous dire quand éviter les efforts physiques, comment nous hydrater et surtout comment protéger les plus vulnérables.
C’est cela, finalement, s’adapter au changement climatique. Ce n’est pas attendre que le climat change pour constater les dégâts. C’est accepter que notre environnement évolue. Et donc, l’heure est venue de modifier dès maintenant notre manière de vivre, de travailler et de construire. La chaleur ne nous demande pas notre avis avant de s’installer. Nous ne pouvons pas empêcher le soleil de briller. Nous ne pouvons pas empêcher le thermomètre de monter. Mais nous pouvons décider de mieux nous préparer.
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