Au cours de son parcours politique, l’ancien président de la République Abdoulaye Wade a accordé une attention particulière aux relations entre le pouvoir et les familles religieuses et l’Église catholique. Entre visites de courtoisie et de recueillement, mais aussi échanges constants, il a cherché à renforcer la cohésion nationale et à préserver la stabilité du pays en s’appuyant sur l’influence des chefs religieux.
Les relations entre Me Abdoulaye Wade et les familles religieuses sénégalaises ont été marquées par une alliance stratégique et diplomatique constante fondée sur le respect des confréries et de l’Église catholique. Durant son magistère (2000-2012) et après son départ du pouvoir, l’ancien président a souvent effectué des visites de courtoisie et de recueillement auprès des différents khalifes généraux. Pour certains, cette proximité entre Wade et les guides religieux relevait moins d’une stratégie politique que d’une conviction profondément ancrée, nourrie par son parcours personnel et sa vision de la cohésion nationale. C’est le cas de Pape Samba Mboup selon qui l’ancien chef de l’État, bien que disciple mouride, s’est toujours efforcé de maintenir un équilibre dans ses relations avec les différentes composantes religieuses du pays.
L’objectif a été souvent de renforcer la stabilité et la cohésion nationales. L’ancien chef de cabinet du président Wade rappelle ainsi qu’après son accession au pouvoir, en 2000, l’un des premiers chefs religieux qu’il visita fut Serigne Mansour Sy, le défunt Khalife général des Tidianes, pourtant considéré, à l’époque, comme proche de son adversaire, Abdou Diouf, lors de la campagne présidentielle. « Il n’avait pas de problème avec les marabouts parce qu’il savait qu’ils étaient des régulateurs de la société », explique-t-il. « De tout temps, Wade s’évertuait à entretenir des relations cordiales avec toutes les familles religieuses, que ce soit Tivaouane, Touba, Kaolack, Ndiassane, l’Église, etc., dans un parfait dosage entre le temporel et le spirituel », témoigne-t-il M. Mboup, donnant l’exemple de son attitude lorsqu’il se rendait à Touba en tant que disciple. « Il s’agenouillait devant le khalife », précise-t-il.
La proximité de l’ancien président avec les foyers religieux, dit-on, trouve également son origine dans l’histoire personnelle. « Il s’agenouillait devant le khalife » Pour Farba Senghor, ancien ministre sous le régime libéral, Abdoulaye Wade a été profondément influencé par son attachement au Mouridisme. « Il a même consacré sa thèse à la doctrine économique du Mouridisme », rappelle-t-il. Selon lui, les valeurs du travail et de l’effort, souvent mises en avant par Wade, étaient directement inspirées de l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba. Au-delà des relations avec les confréries musulmanes, l’ancien chef de l’État entretenait également des liens étroits avec l’Église catholique. « Sa femme, Mme Viviane Wade, est catholique. Elle a joué un rôle extrêmement important dans ces relations », souligne Farba Senghor. Sous Wade, selon toujours l’ancien ministre, les autorités religieuses chrétiennes étaient régulièrement associées aux initiatives de dialogue et bénéficiaient également de soutiens lors de leurs grandes manifestations.
Souleymane WANE

