À trois jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la Jeunesse, le Conseil des ministres de ce mercredi 28 octobre 2026 a surtout été l’occasion, pour le chef de l’État, de dérouler une longue série d’instructions au gouvernement. Réuni au Palais de la République sous la présidence de Bassirou Diomaye Diakhar Faye, l’exécutif a entendu une communication présidentielle en quatre temps : les JOJ, la relance économique et la stabilité sociale, l’artisanat, puis la sécurité civile.
JOJ : un appel à l’unité nationale
Le Président Bassirou Diomaye Faye a d’abord souhaité la bienvenue aux délégations. La cérémonie d’ouverture est fixée au 31 octobre, en présence de « plusieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement, des corps constitués, de la Présidente et des membres du CIO ainsi que du public ». Le même jour se tiendra le Sommet de Dakar sur le thème « Sport pour le Développement », auquel le chef de l’État dit attacher du prix.
Il a engagé le gouvernement, les services de l’État et le COJOJ « à veiller au bon déroulement de l’agenda sportif et culturel des JOJ ». Il a aussi demandé aux populations « de réserver un accueil chaleureux à nos hôtes durant ces deux semaines intenses de compétition et d’activités qui placent l’Afrique et le Sénégal au cœur de l’actualité sportive internationale ».
Le Président a souhaité plein succès à la « Team Sénégal », qui a reçu de ses mains le drapeau national le 26 octobre. Il a « réitéré son appel solennel à l’unité nationale et à la mobilisation populaire collective autour du succès retentissant des JOJ Dakar 2026 ». Il présidera lui-même l’ouverture officielle, le 31 octobre au Stade du Sénégal Président Abdoulaye Wade.
Continuité des pouvoirs publics : le Premier ministre sollicité
Le passage le plus politique de la communication est celui consacré à la continuité de l’action publique. Le communiqué ne précise pas le contexte qui motive ce rappel. Le Président y pose un principe : « la continuité des pouvoirs publics demeure un impératif pour asseoir la crédibilité des institutions de la République ».
Il demande en conséquence au Premier ministre « de prendre toutes les dispositions juridiques idoines et mesures adéquates pour la mise en œuvre systématique des politiques, programmes et projets publics intégrés dans les projets de loi de finances rectificative 2026 et de loi de finances pour l’année 2027, déposés au niveau de l’Assemblée nationale ».
Le chef de l’État indique au Premier ministre « l’urgence d’engager, entre autres » une série de chantiers :
-« l’évaluation intégrale de la mise en œuvre du Plan de Redressement économique et social (PRES) » ;
-« l’évaluation du déploiement des projets dans les secteurs et les filières prioritaires de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 » ;
-« les actions concertées nécessaires à la relance des activités économiques et des chantiers à l’arrêt » ;
-« l’intensification de l’exécution des projets de réalisation et d’équipements d’établissements publics de santé, d’universités, de structures d’enseignement supérieur public (ISEP) et d’écoles modernes, dotés de personnels qualifiés » ;
-« l’accélération des projets d’électrification rurale et d’hydraulique, notamment le Grand Transfert d’Eau (GTE) vers l’agglomération de Touba-Mbacké et le nouveau programme de forages multi villages » ;
-« l’apurement rapide de la dette intérieure, en liaison avec les organisations faitières du secteur privé » ;
-« les processus de financement des campagnes de commercialisation des produits agricoles et horticoles ».
Le Président a en outre instruit le Premier ministre « de faire le bilan d’étape du New Deal Technologique et d’accélérer la rationalisation des secteurs public et parapublic ».
Stabilité sociale : le dialogue avec les syndicats
Le chef de l’État fait de la paix sociale une condition de la relance. Il place la stabilité sociale « au cœur de l’action gouvernementale » et demande à « toutes les forces vives de la Nation d’accompagner la volonté de l’Etat d’intensifier la relance des activités économiques, dans un climat social serein, marqué par la confiance réciproque et la culture permanente du sens des responsabilités ».
Il invite le gouvernement « à poursuivre le dialogue social responsable avec les centrales syndicales afin d’asseoir les consensus durables et soutenables ». Le Premier ministre devra en assurer « une supervision rapprochée dans la lettre et l’esprit du Pacte de Stabilité sociale pour une Croissance inclusive et durable, signé le 1er mai 2025 ».
Artisanat : vers un fonds spécial de financement
Le Président est revenu sur l’audience accordée aux présidents des Chambres de métiers et de leur Union nationale. Il a salué le travail des artisans et réitéré « sa volonté de faire de l’Artisanat un pilier de l’entreprenariat national, en termes de valorisation des savoir-faire, de formation professionnelle et d’apprentissage, d’insertion, de création d’emplois ainsi que de promotion du « Made in Sénégal » et du « Consommer local » ».
Il a instruit le gouvernement de prendre « toutes les mesures nécessaires au repositionnement de l’Artisanat et des Chambres de Métiers dans l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, à travers le déploiement pragmatique de projets innovants et de réformes concertées sur l’étendue du pays ». Deux points sont mis en avant :
-« la nécessité de procéder au recensement général des artisans et à leur enrôlement adéquat, afin de mieux faciliter la professionnalisation des acteurs du secteur et leur accompagnement par les dispositifs d’encadrement et de financement existants » ;
-« l’exigence d’améliorer l’accès des artisans à la commande publique, en veillant particulièrement à la restructuration complémentaire des activités de l’Agence de Promotion et de Développement de l’Artisanat (APDA) et du Projet Mobilier national ».
Sur le financement, le chef de l’État « insiste sur la nécessité de réfléchir à la mise en place, à court terme, d’un Fonds spécial pour le Financement de l’Artisanat, en intégrant les initiatives actuelles de l’Etat et la mobilisation solidaire des apports directs des artisans, dans un souci de leur faciliter l’accès au système financier ». Il ordonne aussi de « renforcer et de moderniser les infrastructures, équipements et parcs logistiques des Chambres de Métiers et de finaliser la régularisation foncière des sites abritant les Villages artisanaux ».
Le Premier ministre devra enfin tenir, « avant la fin de l’année 2026, un Conseil interministériel consacré au développement de l’Artisanat ».
Sécurité civile : une compagnie de pompiers par département
Le Président a rappelé l’inauguration, le 24 octobre, de la 15e Compagnie des sapeurs-pompiers au Pôle urbain de Diamniadio. Il y voit « un acte symbolique, qui illustre son engagement permanent pour le renforcement de la protection civile et la modernisation de l’ensemble des dispositifs de prévention et de gestion des risques de catastrophes ».
Après avoir félicité le ministre de l’Intérieur et le commandant de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP), il leur demande « d’intensifier l’exécution du Plan de Transformation de la BNSP, en liaison avec la Stratégie de Modernisation de la Protection civile, afin d’asseoir une sécurité civile de proximité de qualité ». Il note aussi « l’urgence de doter chaque département d’une Compagnie d’incendies et de secours opérationnelle ».
Il a demandé au Premier ministre de lui proposer deux réformes : « la révision du cadre juridique et institutionnel de prévention et de gestion des accidents de la route » ; « l’actualisation des dispositifs d’organisation de la gestion des crises et des secours, en liaison avec le Ministre de l’Intérieur, le Ministre chargé des Collectivités territoriales et le Ministre chargé des Solidarités ».


