Après une mission d’une dizaine de jours (du 18 au 28 août 2026) à Atlanta et Tuskegee, aux États-Unis, quatre communes sénégalaises officialisent leur partenariat avec des villes de l’Alabama. Investissements, formation, transfert de technologies et Intelligence artificielle constituent les nouveaux leviers de cette coopération décentralisée. Une délégation américaine est attendue à Dakar en novembre.
Les collectivités territoriales sénégalaises veulent désormais jouer un rôle plus important dans la coopération économique internationale. Illustration concrète de cette ambition, le récent voyage d’études (18–28 août 2026) aux États-Unis mené par les délégations de Dalifort-Foirail, Thiaroye Gare, Notto et Gawane s’est soldé par une avancée majeure : la conclusion de quatre accords de jumelage avec des villes de l’Alabama. La commune de Tivaouane a également participé aux échanges en marge de la mission, indique une note dont copie nous est parvenue. L’initiative dépasse largement le cadre protocolaire. Pour les élus sénégalais, ces partenariats doivent servir de passerelle vers de nouveaux investissements, des transferts de compétences et l’introduction de solutions innovantes dans la gestion des territoires.
Les accords rapprochent Dalifort-Foirail de Center Point, Thiaroye Gare de Spring Dale, Notto de Tuskegee et Gawane d’Union Springs. Ils portent sur plusieurs secteurs : éducation, formation professionnelle, agriculture, environnement, commerce, culture, tourisme, jeunesse et transformation numérique. L’objectif est de faire des villes jumelles de véritables partenaires dans la réalisation de projets à impact économique et social. Autre enseignement de la mission : l’Intelligence artificielle pourrait rapidement devenir un outil de modernisation de l’administration locale.
Quatre partenariats scellés
Mamadou Mbengue, maire de Dalifort-Foirail et chef de la délégation sénégalaise, a indiqué que l’événement avait réuni des investisseurs afro-américains. Ces derniers, parmi lesquels figurent des ingénieurs et des professeurs d’université, ont manifesté leur volonté de s’investir dans leur continent d’origine. « Cette rencontre a permis de tisser des liens précieux. Ils souhaitent désormais s’ouvrir aux autres pays africains. Alors qu’ils n’étaient positionnés qu’au Ghana, ils ambitionnent de s’implanter désormais en Afrique de l’Ouest. C’est la première fois que des communes sénégalaises se jumellent avec des municipalités américaines », s’est réjoui l’édile.
« Les échanges ont permis aux élus de mieux mesurer le potentiel du numérique dans la gestion quotidienne des collectivités. Fiscalité locale, gestion foncière, planification urbaine, traitement des déchets, sécurité publique, accompagnement des petites entreprises ou encore formation des jeunes : les applications envisagées sont nombreuses. Pour les collectivités sénégalaises, l’enjeu est désormais de passer de la découverte de ces technologies à leur appropriation et à leur déploiement dans les services municipaux ».
Le rapport de mission recommande la mise en place immédiate d’un comité de suivi. Sa principale tâche sera de transformer les contacts établis aux États-Unis en projets concrets, notamment à travers la préparation d’un portefeuille de projets « bancables » à soumettre aux investisseurs américains.
Des projets « bancables » à préparer
La collaboration devrait également s’articuler autour de cinq axes : coopération institutionnelle, investissements et développement économique, transfert de technologies, formation et constitution d’un réseau de villes jumelles. Dans cette perspective, la création d’une « Alliance des villes jumelles États-Unis-Sénégal » est proposée pour fédérer les différentes collectivités engagées dans la démarche. La dynamique devrait se poursuivre dès novembre prochain. Une délégation de la World Conference of Mayors, composée de maires et d’investisseurs américains, est attendue au Sénégal. Cette visite constituera une étape importante pour donner une traduction concrète aux engagements pris lors de la mission américaine. Pour les collectivités sénégalaises, le défi est désormais de convertir les accords en emplois, en investissements, en programmes de formation et en projets structurants.
Au-delà des quatre jumelages, cette expérience pourrait ouvrir la voie à une coopération plus large entre élus locaux africains et américains, avec la perspective d’organiser, au Sénégal, une rencontre internationale des maires.
Oumar FÉDIOR

