Avec Trump, la scène internationale ressemble à un plateau télé où la gravité se joue sous projecteurs. Les crises s’enchaînent, mais le ton reste celui du show : piques, saillies, petites phrases. Comme si gouverner consistait désormais à capter l’attention plutôt qu’à construire des issues. Les caméras scrutent chaque geste, et le monde regarde, mi-amusé, mi-inquiet.
Le paradoxe est limpide. Plus le verbe claque, moins l’action tranche. L’Iran tient bon, le détroit d’Ormuz s’agite, et la promesse d’une victoire rapide s’étire en feuilleton. Le réel, lui, résiste aux effets de manche. À force de transformer chaque crise en sketch personnel, il finit par jouer contre lui-même. Car une guerre n’est pas un show. Le réel, lui, n’applaudit pas.
Et quand la stratégie devient spectacle, même la superpuissance peut rater sa sortie. Au fond, Trump ne cherche peut-être pas à gagner la guerre… mais à gagner la scène.
Le seul hic, c’est qu’ici, le rideau ne tombe jamais le plus souvent au moment voulu, et les spectateurs restent parfois abasourdis, entre fascination et doute.
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