Le séjour du Président de la République Bassirou Diomaye Faye à Freetown restera comme l’un des temps forts de la diplomatie sénégalaise cette année.
Venu prendre part au Sommet sur l’avenir de l’intégration régionale et à la 69ᵉ Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, le Chef de l’Éta sénégalais en repart avec une double consécration : la présidence en exercice de l’Organisation pour un an, et l’attribution au Sénégal de la présidence de la Commission communautaire pour le mandat 2026-2030.
Une parole de vérité face aux fragilités régionales
Fidèle à sa méthode, le Chef de l’État a choisi la franchise plutôt que la langue de bois diplomatique. Devant la Conférence, il a dressé un diagnostic sans détour des vulnérabilités de la région : la propagation du terrorisme depuis le Sahel central vers les pays côtiers, la faiblesse persistante du commerce intra-régional, et l’exposition aux chocs climatiques et alimentaires. Il n’a toutefois pas manqué de souligner, en contrepoint, la résilience des économies ouest-africaines et des perspectives de croissance supérieures aux moyennes africaine et mondiale.
À chaque constat, une exigence d’action a été formulée : activer sans délai la Force régionale de lutte contre le terrorisme, intensifier les opérations conjointes, mutualiser les moyens et protéger les populations affectées. « Nous devrons agir vite pour l’activation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme », a-t-il insisté, plaidant également pour une plus grande autonomie financière de la Communauté.
Le Président a par ailleurs rappelé que cet engagement dépassait le seul cadre du sommet : la réunion tenue le 10 juillet à Dakar du Comité de haut niveau sur la paix et la sécurité de l’UEMOA en est, selon lui, la preuve concrète un engagement qui précède et prolonge les enceintes régionales.
Une vision de long terme pour une CEDEAO rénovée
Inscrivant son propos dans la durée, le Chef de l’État a évoqué cinquante ans d’acquis pour l’Organisation, mais aussi des défis susceptibles, à terme, d’en menacer la survie. Sa conviction reste que l’unité et la solidarité régionales conditionnent la prospérité commune. « Nous devons redonner de l’espoir à nos populations, en particulier la jeunesse qui constitue l’avenir de notre Communauté », a-t-il lancé, appelant à des réformes institutionnelles profondes : une architecture plus stable, le respect scrupuleux des textes communautaires, la concrétisation des programmes en matière d’agriculture, d’industrie, d’énergie et d’infrastructures, ainsi qu’un ancrage plus ferme dans les principes de démocratie et de bonne gouvernance.
Le Sénégal aux commandes de la CEDEAO
La confiance accordée au pays s’est matérialisée à deux niveaux, l’un et l’autre au sommet de l’architecture communautaire. La Conférence a porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence en exercice de la CEDEAO, plaçant ainsi le Sénégal à la tête de l’Organisation pour l’année à venir. Dans le même temps, la présidence de la Commission l’organe exécutif de la Communauté lui a été confiée pour un mandat de quatre ans.
Pour conduire cette mission, la Conférence a entériné la candidature du Général (2S) Birame Diop, présentée par le Chef de l’État. Ancien Ministre des Forces armées et ancien Conseiller militaire du Secrétaire général des Nations Unies, le Général Diop est reconnu pour son leadership, son intégrité et son expertise en matière de paix, de sécurité, de gouvernance et d’intégration régionale. « Il viendra à la CEDEAO avec tout mon soutien et l’héritage de l’engagement historique du Sénégal, pour conduire à bien sa mission », a assuré le Président de la République.
Une double responsabilité qui place désormais Dakar au cœur de la gouvernance ouest-africaine, à charge pour le Sénégal de transformer cette confiance régionale en résultats concrets pour les peuples de la Communauté.
Par Cheikh Gora DIOP

