Le « Sopi » (changement en wolof) a constitué, dans les années 80, le ralliement et le socle idéologique de toute une génération de militants et sympathisants du Parti démocratique sénégalais (Pds). Une idée de rupture politique et sociale qui promeut une ouverture démocratique et l’épanouissement d’une économie libérale et solidaire.
Plus qu’un slogan, le « Sopi » (changement en wolof) est devenu le cri de ralliement de tous les sympathisants du Parti démocratique sénégalais (Pds), qui prône l’alternance à la tête du pays. Dès la campagne présidentielle de 1988, le Pds s’est adossé à cette philosophie pour se distinguer du Parti socialiste, principale force politique du pays à l’époque. Ce mot a incarné, pendant les années d’opposition du Pds, l’espoir de changement de toute une partie de la population, et notamment de la jeunesse. Ce discours s’est aussi voulu être un creuset populaire et intergénérationnel, symbolisant l’expression d’un ras-le-bol des jeunes faces au chômage, à la dévaluation et à la dégradation de la qualité de vie des Sénégalais. Un espoir de transformation sociale rapide qui ouvrira finalement la voie à la première alternance démocratique, un certain 19 mars 2000.
Le « Sopi » ambitionnait de mettre fin au système clientéliste qui a marqué l’hégémonie du Parti socialiste. C’est d’ailleurs pour cette raison que le premier journal du parti a lui aussi porté le nom de « Sopi ». Ce mouvement voulait ainsi incarner une rupture politique et sociale avec les modes de fonctionnement du parti hégémonique depuis les indépendances.
Le « Sopi » s’articule autour de piliers majeurs comme le libéralisme social, le panafricanisme, ainsi que la culture de la rupture. Il incarne aussi la lutte pour le multipartisme intégral, la liberté d’expression, l’État de droit et le refus du parti unique. Le « Sopi » promeut aussi la conquête démocratique à travers les urnes pour forcer l’ouverture politique. Dès la prise de pouvoir de Abdoulaye Wade en 2000, cette philosophie s’est matérialisée par la mise en pratique de grands travaux d’infrastructures, cœur d’un développement économique et social.
L’héritage du « Sopi » symbolise un Sénégal en mouvement, à la recherche constante d’un idéal démocratique. Les générations actuelles continuent de s’interroger sur la manière d’adapter cette philosophie aux réalités contemporaines. Il convient de souligner que l’esprit du « Sopi » reste, aujourd’hui encore, un guide pour tous ceux qui aspirent à un avenir meilleur pour le Sénégal.
Mamadou Makhfouse NGOM

