Moussa Bala Fofana reste ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire. Il a la responsabilité de parachever l’Acte IV de la décentralisation, réforme majeure pour des territoires riches et porteurs de croissance.
Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, conserve son département dans le gouvernement du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Il va ainsi continuer le travail entamé pour une réforme dans la gouvernance locale. Depuis 2024, l’État s’est lancé dans une réflexion majeure sur la politique de décentralisation, avec l’annonce par les autorités de l’Acte IV. Entre février et septembre 2025, les services du ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire ont sillonné les huit Pôles territoriaux. L’objectif est simple : travailler à corriger le mode de gouvernance territoriale. Des concertations ont eu lieu dans chaque Pôle avec la participation de divers acteurs du secteur. Une démarche participative et inclusive pour une mise en œuvre réussie des politiques de déconcentration. Ce travail avait réuni 2300 personnes et 5574 kilomètres ont été parcourus pour baliser le terrain. Les questions liées à la planification spatiale et aux grands investissements ; la création de chaînes de valeur locales ; l’inclusion sociale et territoriale ; la nouvelle gouvernance participative et performante sont les piliers centraux sur lesquels l’État veut travailler pour une gouvernance locale repensée.
Écouter davantage les acteurs
En effet, comme aime à le rappeler Moussa Bala Fofana, « l’avenir du Sénégal se jouera désormais à Tambacounda comme à Thiès avec la même intensité qu’à Dakar ».
La gestion des terres du Domaine national à l’aune de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » ; la gouvernance de proximité et la gestion des déchets municipaux ; le financement du développement territorial et la réforme de la fiscalité locale ; le contenu local : levier du développement économique durable des collectivités territoriales ; l’administration des infrastructures et équipements des municipalités ; les compétences transférées ; les principes de subsidiarité entre les différents échelons territoriaux -Pôles, départements, communes- sont autant de sujets abordés durant les échanges.
Malgré tout, des équivoques doivent être levées. Les autorités ont annoncé la possibilité de fusionner des communes qui ne sont pas viables. L’addition de collectivités locales pauvres peut-elle donner naissance à une circonscription territoriale riche ? C’est la question que s’est posée Oumar Ba, président de l’Association des maires du Sénégal (Ams). Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour demander aux autorités de sursoir à une telle proposition, car une collectivité territoriale, ont-elles argumenté, c’est une histoire, un background qui ne doit pas seulement être considéré sous le prisme économique. Selon ces acteurs, les populations restent très attachées à leur terroir.
Amadou Maguette NDAW

