Maire de la commune de Tambacounda de 1997 à 2009, Souty Touré n’est pas seulement connu pour être celui qui a exercé le plus long mandat après son prédécesseur, Moussa Diallo. Il reste surtout un acteur clé de la décentralisation, largement reconnu comme le « père » de l’Acte 2 lancé en 1996.
TAMBACOUNDA – « Né en 1947 à Bantantinting, dans la commune de Néttéboulou, Souty Touré a marqué l’histoire de Tambacounda par son engagement, son intégrité et sa vision du bien commun. Maire de la commune de Tambacounda, il a exercé son mandat avec une profonde conviction du service public. Durant tout son magistère, il a placé l’humain au cœur de son action municipale », confie Seydou Nourou Cissokho, l’un de ses anciens élèves et aujourd’hui conseiller spécial du gouverneur de Tambacounda.
Souty Touré a passé 12 ans à la tête de la municipalité de Tambacounda. Élu pour la première fois en 1997, en remplacement de Moussa Diallo, cet homme de dialogue et fin connaisseur des réalités locales a traversé les mutations politiques et les transformations sociales. Il a finalement cédé la mairie à Oury Bâ en 2009.
Son parcours scolaire commence en 1953 à l’école française de Néttéboulou. En 1959, il décroche son Certificat d’études et réussit le concours d’entrée en sixième à Tambacounda. Par la suite, il est orienté au collège technique de Saint-Louis, en classe de sixième industrielle, où il étudie jusqu’en 1963. C’est là-bas qu’il se présente à l’examen du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) et l’obtient malgré son cursus en filière technique.
En 1976, il réussit le concours d’entrée à l’École nationale d’administration (Ena). Après sa formation, il commence sa carrière au ministère de l’Équipement aux côtés d’Adrien Senghor, avant d’être affecté à l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne (Asecna).
De Néttéboulou aux fonctions ministérielles
L’année 1993 a été particulièrement intense pour Souty Touré. Il est nommé ministre délégué chargé de la Décentralisation avec la promesse d’obtenir un ministère de plein exercice s’il réussissait sa mission. Cette promotion intervenait dans un contexte politique tendu, où le pouvoir en place venait de perdre deux ou trois grandes villes, dont Dakar.
Enthousiaste et déterminé, l’enfant de Bantantinting va écrire les plus belles pages de ce département ministériel en y réalisant son chef-d’œuvre. En 1996, il élabore le Code des collectivités locales. Ce texte crée les régions ainsi que les communes d’arrondissement de Dakar et de Rufisque, une stratégie permettant au pouvoir de garder la main sur la région de Dakar où le Parti socialiste (Ps) était devenu minoritaire.
Cette réforme de 1996, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, reste sa plus grande fierté. Des pays comme le Niger, le Mali ou le Burkina Faso se sont inspirés de ce Code.
« Ce qu’ils ont appelé les communautés de développement à la base, ce sont nos communautés rurales », souligne-t-il. À l’en croire, « la démarche sénégalaise était d’articuler le développement et la planification pour le déploiement de services publics dédiés afin de satisfaire les aspirations des populations et renforcer le processus démocratique ».
Aujourd’hui âgé de 78 ans, Souty Touré s’est mis en retrait de la scène politique active pour se consacrer à ses terres dans son village natal. Une activité qu’il mène avec passion.
« Je suis dans l’agriculture par vocation, sur recommandation de personnes avisées, et par conviction », confie-t-il, un sourire au coin des lèvres.
Boubacar Agna CAMARA (Correspondant)

