L’Hôpital général Idrissa Pouye (Hogip) de Grand Yoff a accueilli, le vendredi 17 juillet 2026, une mission internationale consacrée à l’implantation de pacemakers sans sonde. Une première en Afrique de l’Ouest, qui marque une avancée majeure dans la prise en charge des troubles du rythme cardiaque et ouvre la voie à un transfert durable de compétences.
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la cardiologie interventionnelle. Le vendredi 17 juillet 2026, des spécialistes sénégalais, accompagnés d’experts internationaux, ont réalisé, à l’Hôpital général Idrissa Pouye (Hogi) de Grand Yoff, les premières implantations de pacemakers sans sonde.
Cette technologie innovante concerne les patients souffrant de troubles du rythme cardiaque, notamment ceux dont le cœur bat trop lentement et qui peuvent présenter des malaises, des pertes de connaissance ou des complications graves. Contrairement aux stimulateurs classiques, ce nouveau dispositif ne nécessite ni boîtier placé sous la peau ni sonde reliant le cœur à ce boîtier.
« C’est une petite capsule d’environ 30 à 33 millimètres qui sera positionnée au niveau du cœur en passant par les veines et sous contrôle de la radio. Il n’y a aucune ouverture, pas de sonde et pas de boîtier », a expliqué le Pr Adama Kandé, rythmologue interventionnel et enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.
Cette mission de cinq jours avait un double objectif : former des cardiologues africains à la stimulation cardiaque et permettre la certification de l’équipe sénégalaise à cette nouvelle pratique. Des spécialistes, venus notamment du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Lille et de l’Hôpital Georges-Pompidou en France, ont accompagné les équipes locales.
Pour le représentant du directeur des Établissements publics de santé (Eps), le Dr Abdallah Guèye, cette initiative constitue une avancée importante pour le système sanitaire.
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« Cette mission permet à nos équipes d’acquérir de nouvelles techniques, notamment l’implantation de pacemakers sans sonde, une innovation majeure pour le Sénégal. C’est une grande avancée pour le pays et pour le service de cardiologie », a-t-il déclaré.
M. Gaye a également insisté sur la nécessité de poursuivre cette dynamique. « Nous avons fait confiance aux équipes sénégalaises pour porter cette innovation au sein de nos structures et nous espérons que ces missions vont se multiplier pour améliorer la prise en charge des patients », a-t-il ajouté.
Au total, sept patients ont bénéficié de cette technologie durant la mission. Les interventions ont été réalisées gratuitement grâce au partenariat établi pour cette première expérience. Les spécialistes soulignent que ces dispositifs possèdent une autonomie pouvant atteindre 20 ans, avec moins de complications que les systèmes traditionnels.
Chef de la mission, le Pr Simon Sartre estime que cette initiative traduit la capacité du Sénégal à intégrer les innovations médicales de pointe. « Il n’y a aucune raison que l’Afrique de l’Ouest soit négligée ou reste à distance de ces innovations qui sont maintenant disponibles », a-t-il affirmé.
Babacar Guèye DIOP

