Au Sénégal, près de 40 % des décès maternels sont liés à l’hémorragie du post-partum et 23 % des cas à la pré-éclampsie et l’éclampsie. C’est ce qui ressort du bulletin Elan Santé rendu public mardi par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.
Le Sénégal ouvre une nouvelle séquence de sa stratégie de réduction de la mortalité maternelle. Au cours de la dernière décennie, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a profondément renforcé la santé maternelle à travers des investissements structurants. Il s’agit notamment de l’ouverture et de la réhabilitation de blocs opératoires, de l’amélioration du plateau technique et du renforcement des soins obstétricaux et néonatals d’urgence.
Ces investissements ont permis, selon la tutelle, d’infléchir la courbe de la mortalité maternelle et d’améliorer progressivement l’accès des femmes à des soins obstétricaux de qualité.
« Toutefois, à mesure que les indicateurs s’améliorent, les audits des décès maternels révèlent que les décès se concentrent désormais autour de deux complications majeures : l’hémorragie du post-partum, responsable de près de 40 % des décès maternels, et la pré-éclampsie et l’éclampsie, qui en représente environ 23 % », lit-on dans le bulletin Elan Santé rendu public mardi.
Ainsi, la tutelle reconnait que ces urgences nécessitent un diagnostic précoce et une prise en charge rapide dans les toutes premières minutes. D’ailleurs, en réponse à cette réalité, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a mis en œuvre le Plan d’élimination des décès maternels évitables à travers une formation nationale consacrée à l’approche E-MOTIVE.
Accélérer les efforts d’implémentation d’intervention à haut impact
L’objectif est d’accélérer les efforts d’implémentation d’intervention à haut impact, basée sur des données probantes matérialisée par l’approche E-MOTIVE de l’OMS. C’est une stratégie de prise en charge conçue pour détecter précocement et traiter rapidement l’hémorragie du post-partum (HPP). Elle consiste à une série d’interventions médicales immédiates à appliquer dès le diagnostic posé.
« Cette nouvelle approche de soins impose l’introduction de produits et dispositifs innovants, ainsi que de nouveaux protocoles de soins », renseigne la tutelle.
Il convient de noter que dans le cadre de cette initiative un atelier national de formation a été organisé à Dakar du 29 juin au 03 juillet 2026. Il a réuni 550 formateurs régionaux et 1.700 prestataires de santé ont été formés dans la détection précoce et prise en charge innovante.
L’objectif final est que chaque prestataire, là où il se trouve, soit capable de prévenir, de détecter précocement et de prendre en charge efficacement les principales complications obstétricales.
20 blocs opératoires ouverts à travers le pays et 14 nouveaux prévus d’ici fin 2026
Il urge aussi de relever que le système de référence et de contre-référence est également en cours de consolidation, avec l’acquisition d’ambulances et la réouverture de blocs opératoires. Au cours des deux dernières années, près de 20 blocs opératoires ont été ouverts et 14 nouveaux sont prévus d’ici fin 2026, dans l’objectif de rapprocher davantage les soins obstétricaux et néonatals des populations.
« En parallèle, les structures sanitaires seront dotées de dispositifs et médicaments essentiels, notamment les draps calibrés pour la quantification des pertes sanguines, les ballonnets intra-utérins, l’acide tranexamique et la carbétocine thermostable », indique le document.
La même source souligne qu’un dispositif de suivi post-formation est également prévu afin de garantir l’appropriation effective des compétences acquises par les professionnels de santé. L’ensemble de ces actions s’inscrit, d’après la tutelle dans une même ambition : accélérer la réduction de la mortalité maternelle et atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030, avec une baisse significative des décès évitables liés aux principales complications obstétricales.
Mariama DIEME


