La Journée mondiale du sommeil a été célébrée vendredi 13 mars. Une occasion idéale pour des experts de revenir sur l’importance du sommeil sur la santé physique et mentale, ainsi que sur la productivité de l’être humain.
Dormir est un besoin naturel comme manger ou boire. C’est nécessaire pour que le corps humain puisse se reposer. Selon le Dr Tafsir Kâ, pneumologue et médecin du sommeil, interrogé hier, vendredi 13 mars, dans le cadre de la Journée mondiale dédiée à ce repos nocturne, c’est une nécessité vitale. « Le sommeil est un besoin physiologique, un déterminant fondamental de la santé comme l’alimentation et l’activité physique. C’est un moment de récupération qui permet à l’organisme de se remettre, de se reposer pour préparer le fonctionnement de l’humain dans la journée », a-t-il expliqué.
Le sommeil est aussi, d’après l’expert, un excellent remède contre la fatigue, le stress et certaines maladies. « Pendant le sommeil, notre organisme récupère physiquement et le cerveau sélectionne les informations importantes à garder ; ce qui permet de consolider la mémoire. Aussi, notre système immunitaire se renforce et les hormones se stabilisent, notamment celles qui régulent l’appétit et le métabolisme », a assuré M. Kâ.
Pour sa collègue Prisca-Rolande Bassolé, neurologue-somnologue, le sommeil, particulièrement celui de nuit, est primordial pour la santé physique et mentale. « La nuit, lorsque nous dormons, notre cerveau continue de travailler activement ; il se nettoie, se répare, consolide nos apprentissages et notre mémoire, régule nos émotions, renforce notre système immunitaire, participe, avec les autres organes, à l’équilibre de nombreuses fonctions vitales de l’organisme », a révélé ce membre de la Société sénégalaise de médecine du sommeil (Sosemes).
Poursuivant, le Dr Bassolé a indiqué que le sommeil est tout simplement vital. « Le sommeil n’est pas régi que par sa « quantité », il l’est aussi et surtout par sa « qualité ». Il existe, en effet, des recommandations issues des études sur le sujet et également de sociétés savantes, telles que la World Sleep Society. Pour être en bonne santé, elle préconise « un temps de sommeil adapté aux différentes tranches d’âge ».
Prisca-Rolande Prisca souligne que l’adulte aura besoin en moyenne entre 7h-8h de sommeil ; l’adolescent, entre 9h-10h ; le grand enfant, entre 10h-11h. Quant au nourrisson, informe-t-elle, il aura besoin de beaucoup plus d’heures de sommeil, en moyenne entre 12h-14h. « Ceci étant, même si l’on respecte ce temps de sommeil, cela ne garantit pas d’être en bonne santé. Le sommeil obtenu au cours de ces périodes doit également être de bonne qualité », précise la spécialiste.
Le manque de sommeil,une menace sur la santé
Autant le sommeil est réparateur et aide le corps à se reposer, autant le manque de sommeil peut avoir de effets non désirés sur la santé. En effet, soutient le Dr Tafsir Kâ, le manque de sommeil peut entraîner plusieurs conséquences sur la santé. « À court terme, sur le plan fonctionnel, la personne qui manque de sommeil va être fatiguée, moins productive, irritable et peut aller jusqu’à avoir des troubles de la mémoire avec une baisse de la concentration et des performances », a-t-il prévenu.
À long terme, indique le pneumologue et somnologue, « un mauvais sommeil va augmenter le risque de nombreuses maladies cardiovasculaires et métaboliques, comme le diabète, et des troubles de l’humeur à l’image de la dépression ».
Un avis qu’il partage avec le Dr Prisca-Rolande Bassolé. Pour la neurologue-somnologue, l’impact immédiat du manque de sommeil pourrait se manifester par une baisse de la vigilance, avec un risque accru d’accidents de la route ou du travail. Elle affirme aussi que « l’instabilité émotionnelle, une baisse de la tolérance au stress, une altération de la motivation et de la créativité – chez l’enfant en particulier – un retard de croissance, des difficultés d’apprentissage, avec un risque d’échec scolaire, sont des conséquences liées au manque du sommeil ».
Comme le Dr Kâ, la spécialiste ajoute qu’à moyen et long termes, « un manque quantitatif et/ou qualitatif de sommeil augmente le risque de maladies cardiovasculaires comme l’hypertension artérielle, l’anxiété, la dépression ».
Marie Bernadette SÈNE

