Le Centre hospitalier national Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaouane entame progressivement ses activités. Dans cet entretien, son directeur revient sur les enjeux liés à la mise en service de cette infrastructure sanitaire de niveau 3, les attentes des populations, les spécialités qui seront progressivement déployées ainsi que l’articulation avec les autres établissements de santé de la région. Il décline également sa vision pour faire de cet hôpital un établissement de référence
Vous avez été choisi pour diriger cet établissement de niveau 3, qui porte le nom prestigieux de Seydi El Hadji Malick Sy et qui est implanté dans une cité religieuse. Que représente pour vous cette responsabilité ?
C’est d’abord un sentiment de gratitude, mais surtout une grande responsabilité, ensuite. Diriger un établissement qui porte le nom de Seydi El Hadji Malick Sy, dans une ville comme Tivaouane, nous oblige à être à la hauteur de ce que ce nom représente : le savoir, le service et l’humilité. Au-delà de la fonction de directeur, je mesure surtout la confiance placée en notre modeste personne et les attentes légitimes des populations. Notre responsabilité est de faire de cette infrastructure moderne un hôpital véritablement utile, accessible et performant, où chaque patient est accueilli avec respect et bénéficie d’une prise en charge de qualité.
Les attentes sont particulièrement fortes autour de ce nouvel hôpital. Que peuvent concrètement en attendre les populations ?
Les populations peuvent, attendre avant tout, une amélioration significative de l’offre de soins dans la région et au-delà. Le Centre Hospitalier National Seydi El Hadji Malick Sy est un établissement public de santé de niveau 3, doté d’un plateau technique important et destiné à proposer une offre de soins spécialisée. Notre ambition est de permettre progressivement la prise en charge, à Tivaouane, de pathologies qui nécessitaient jusque-là des déplacements vers Thiès ou Dakar. Cela signifie davantage de proximité, mais aussi un gain de temps et une réduction des difficultés liées aux évacuations. Nous voulons surtout bâtir un hôpital centré sur le patient : qualité et sécurité des soins, accueil digne, écoute, disponibilité des équipes et amélioration continue de nos pratiques.
Pour atteindre cette ambition, quelles sont les priorités fixées par le projet d’établissement et quelle stratégie avez-vous mise en place ?
Notre stratégie repose sur une montée en charge progressive et maîtrisée. Pour un établissement de cette dimension, il ne s’agit pas simplement d’ouvrir toutes les portes le même jour. Il faut s’assurer que chaque service qui démarre dispose des ressources humaines, des équipements, des médicaments, des consommables et de l’organisation nécessaires pour garantir la sécurité des patients. Le projet d’établissement doit donc nous permettre de définir une vision commune et des priorités autour de quelques axes essentiels : la qualité et la sécurité des soins, le développement progressif des spécialités, la performance du plateau technique, la bonne gouvernance, la formation continue des professionnels et l’amélioration de l’expérience du patient. Notre objectif est clair : installer durablement un hôpital de référence, performant et accessible, capable de répondre aux besoins des populations tout en s’intégrant pleinement dans la carte sanitaire nationale.
Comment comptez-vous articuler les activités de ce nouvel établissement avec celles de l’hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh, de niveau 2, et des structures sanitaires de Thiès ?
Nous sommes dans une logique de complémentarité et non de concurrence. Un système de santé performant repose justement sur une bonne articulation entre les différents niveaux de la pyramide sanitaire. L’hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh demeure un établissement important dans l’offre de soins locale. Notre responsabilité sera de travailler ensemble, notamment sur les mécanismes de référence et de contre-référence, afin que le patient soit orienté vers la structure correspondant le mieux à son besoin. Cette même logique prévaut avec les établissements de Thiès et, plus largement, avec l’ensemble des structures sanitaires de la région. Notre hôpital doit renforcer l’offre existante, contribuer à désengorger certaines structures et développer des complémentarités. Au bout de la chaîne, ce qui compte, ce n’est pas l’établissement : c’est le patient et la continuité de sa prise en charge.
Le nouvel hôpital est appelé à offrir de nombreuses spécialités. Sont-elles toutes déjà fonctionnelles ?
Non, pas encore, et il est important d’être transparent sur ce point. Nous avons fait le choix d’une mise en service progressive afin de garantir un démarrage sécurisé et maîtrisé. Les premières activités concernent notamment les urgences, les consultations externes dans plusieurs spécialités ainsi que les services d’aide au diagnostic, avec une montée en puissance progressive du laboratoire et de l’imagerie médicale. Les autres spécialités seront ouvertes progressivement en fonction de la disponibilité effective des ressources humaines, de la mise en service et des essais des équipements, ainsi que de la formation des utilisateurs. Notre priorité n’est donc pas d’aller vite pour annoncer que tout est ouvert. Notre priorité est d’ouvrir correctement et durablement. Dans un hôpital, chaque ouverture de service doit d’abord répondre à une exigence : la sécurité du patient.
Quel message souhaitez-vous adresser aux patients et à leurs accompagnants qui vont fréquenter l’établissement ?
Je voudrais d’abord leur dire que cet hôpital est le leur. Nous connaissons l’impatience qui a entouré son ouverture et nous comprenons les attentes suscitées par une infrastructure de cette envergure. À nos patients, nous voulons garantir une prise en charge fondée sur le respect, l’écoute, la dignité et la qualité des soins. À leurs accompagnants, nous demandons de nous aider à préserver un environnement calme, propre et respectueux des règles de fonctionnement de l’établissement. Nous savons également que tout ne sera pas parfait dès les premiers jours. Un nouvel hôpital doit trouver progressivement son rythme. Nous resterons donc à l’écoute des observations et des suggestions qui peuvent nous aider à nous améliorer. Je voudrais remercier les populations de Tivaouane et de toute la région pour leur patience, leur confiance et surtout leurs prières. Notre ambition est simple : faire de cet hôpital un établissement dont elles pourront être fières et dans lequel chaque patient sera considéré, avant tout, comme une personne.
Propos recueillis par Ibrahima NDIAYE (Correspondant)


