L’épuisement professionnel ou burn-out touche de plus en plus de travailleurs, confrontés à des environnements toxiques, à une pression constante ou à une surcharge de responsabilités. Entre fatigue mentale, perte de motivation et détresse psychologique, certains finissent par dire stop pour se préserver.
Maimouna est une personne naturellement pétillante. À première vue, ce qui frappe chez elle, c’est son magnifique sourire et sa bonne humeur contagieuse. Mais elle n’a pas toujours été cette personne solaire. L’évocation du burn-out (épuisement professionnel) qu’elle a vécu suffit à lui gâcher sa bonhomie.
En effet, il y a quatre ans, en 2022, la jeune femme a traversé une période sombre de son parcours professionnel. Aujourd’hui, c’est avec du recul et des expériences en prime qu’elle se livre sur cette partie douloureuse.
« J’étais une jeune étudiante en troisième année, avec déjà un peu d’expérience, puisque j’avais intégré très tôt le monde professionnel. J’avais rejoint une petite maison d’édition », débute-t-elle, jouant nerveusement avec ses doigts.
Au début, cette dernière avoue apprécier le travail. « Mais avec le temps, j’ai découvert qu’il ne me passionnait pas réellement et que l’environnement était devenu très toxique », confie-t-elle d’un trait, le regard plongé dans le vide.
La trentenaire explique que la directrice semait la zizanie entre les employés. « Beaucoup ne se parlaient plus ou s’évitaient. Elle était la plupart du temps crispée, compliquée et très autoritaire. Elle n’acceptait pas tout ce que je faisais et ses critiques étaient négatives. Elle ne me motivait pas. Ça m’abattait », avoue-t-elle d’un air triste.
Dire stop
Celle qui se décrit comme une personne sérieuse et dynamique révèle avoir eu du mal à se reconnaître au fil des jours. « Le travail occupait presque tout mon temps. Je quittais la maison tous les jours à 7h du matin pour ne rentrer qu’à 21h ou 22h, parfois plus tard à cause des embouteillages. Je travaillais aussi le samedi. À force, j’ai fini par faire un burn-out. J’étais épuisée mentalement et psychologiquement. Je perdais du poids et je n’avais plus goût à la vie », dit-elle, un rictus amer au bout des lèvres.
« Quand j’ai atteint mes limites et que j’ai pris du recul, je me suis demandé si ce travail en valait vraiment la peine, surtout que mon salaire ne suffisait même pas à couvrir tous mes besoins. Alors, j’ai décidé de dire stop et de déposer ma démission. J’ai choisi ma tranquillité, mon bien-être psychologique et physique », confie-t-elle aujourd’hui, soulagée de faire un boulot dans un environnement plus sain.
Sadikh Diop (nom d’emprunt), tout comme Maimouna, connaît ce que c’est qu’évoluer dans un univers professionnel qui met la santé à rude épreuve. Le jeune homme à la carrure de basketteur révèle avoir frôlé le burn-out. « Il y a un peu plus de deux ans, j’étais dans un état émotionnel où je n’arrivais plus à rien à cause du stress au travail », débute l’homme de médias. Et d’ajouter : « J’étais dans un état de fatigue extrême, surtout sur le plan mental ». Pour se préserver physiquement et mentalement, Sadikh décide de se choisir. « J’ai pris mes congés annuels, et j’en ai profité pour voyager, prendre l’air, faire des choses qui me font plaisir naturellement. Dès lors, je me suis senti revivre et j’ai laissé la fatigue mentale derrière moi, fort heureusement », dit-il d’un air soulagé.
Électrochoc
Diama Diop a aussi décidé de dire stop. Juriste de formation, elle évolue dans un cabinet réputé tout en vivant de sa passion. Mais cela n’a pas toujours été le cas. En 2017, elle occupait le poste de conseillère commerciale dans un centre d’appel. Une expérience professionnelle qui l’a profondément marquée.
« C’est un travail vraiment stressant. Tu es sous écoute et, en plus, tu es obligée de supporter les humeurs des clients. Il n’y avait ni week-end ni fête, seulement un jour off dans la semaine. Et le pire dans tout cela, c’est que le salaire dépendait du nombre de clients reçus. Tu peux donc te retrouver avec un salaire misérable à la fin du mois », se souvient-elle avec amertume.
Mais cette aventure n’a pas duré pour Diama, qui a préféré claquer la porte au bout de cinq mois. « J’étais tout le temps stressée, avec des supérieurs hiérarchiques qui te critiquaient sans cesse, sans parler des insultes des clients. Pour un métier qui n’était pas dans mon domaine, cela commençait à me perturber mentalement. C’est ainsi que je me suis dit qu’il était temps de partir », raconte-t-elle.
Khardiata Sané (nom d’emprunt), elle, a eu un électrochoc auquel elle ne s’attendait pas le moins du monde. À l’époque, elle évoluait en tant que cadre dans un média. Au travail, Khardiata ne fait pas les choses à moitié et enchaîne projets sur projets. « Je venais aussi d’être maman pour la deuxième fois et j’avais beaucoup de responsabilités extra-professionnelles », se remémore-t-elle, émue.
Mais un événement va remettre toute la vie de la jeune femme en jeu. « Je me suis rendu compte que je sombrais quand j’ai eu un accident de voiture. Là, j’ai réalisé qu’il était temps de prendre soin de moi », révèle-t-elle avec amertume.
Khardiata consulte un psychologue et apprend à remettre sa vie en place. « J’ai consulté et cela m’a aidée à reprendre confiance en moi et à me prioriser. Il est important de se choisir, car la personne la plus importante de votre vie, c’est vous », préconise-t-elle.
Dossier réalisé par Arame NDIAYE
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