Depuis quelques jours, Dakar subit une hausse des températures qui martyrise les corps. Même les places publiques offrent peu d’air frais, au grand dam des corps humains qui sont fragilisés.
Le visage ruisselant de sueur, la chemise bleue entièrement trempée au dos et à la poitrine, Issa Fall peine à supporter la chaleur. Assis sur un banc en béton, ce 31 juillet 2026, à la Place publique Mamadou Diop de Yoff, il desserre le col de sa chemise. Son regard est fatigué, les traits tirés et le front couvert de grosses perles de sueur. L’homme de 56 ans respire difficilement et cherche en vain un peu de fraîcheur. « Depuis quelques jours, la chaleur est devenue difficile à supporter. Dès que je reste quelques minutes au soleil, je sens mon corps s’affaiblir », lâche-t-il, visiblement mal à l’aise.
À la Place Mamadou Diop, du nom de l’ancien socialiste et maire de Dakar, le soleil impose sa loi. Il est un peu plus de 16h et la canicule écrase cet espace public. Les rares personnes présentes changent régulièrement de place ou préfèrent rester debout, le temps de reprendre leur souffle avant de poursuivre leur chemin. Sur son siège, Aminata Ndiaye serre une bouteille d’eau entre ses mains. Attendant une amie, elle ne cache pas son inconfort. « D’habitude, je peux rester ici pendant une heure ou deux. Aujourd’hui, au bout de quelques minutes, j’ai envie de rentrer. La chaleur est vraiment difficile à supporter », confie-t-elle.
Pour Moussa Guèye, chauffeur de taxi, la situation est tout aussi éprouvante. Il a laissé les vitres de son véhicule ouvertes. Malgré cela, l’air reste brûlant. « Même à l’intérieur de la voiture, on étouffe. Dès qu’on coupe le moteur, la chaleur devient encore plus forte », soutient-il en essuyant son front. Sur le rebord d’un trottoir, Cheikh Ndiaye observe la scène. Ce retraité de 63 ans, habitué à fréquenter cet endroit, constate une évolution dans les habitudes. « Avant, on pouvait rester longtemps dehors, discuter tranquillement entre amis. Maintenant, aux heures de forte chaleur, chacun cherche rapidement à rentrer ou à trouver un endroit plus supportable. Même les personnes âgées comme moi ressentent beaucoup plus la fatigue », témoigne-t-il.
Autour de cette place publique très fréquentée, les vendeurs ambulants voient défiler une clientèle à la recherche d’eau fraîche. Les sachets d’eau et les boissons glacées s’écoulent rapidement. Chacun cherche un moyen pour se rafraîchir avant de reprendre sa route. À la place Mamadou Diop, la chaleur redessine le rythme de vie des habitants.
Babacar Guèye DIOP

