Le vendredi 20 février, le collectif des Engagés de Richard-Toll a organisé un point de presse. L’objectif principal était de dénoncer les grèves répétitives des agents de l’hôpital de Richard-Toll. Une situation qui dure depuis un mois et qui entraîne de lourdes conséquences chez les populations.
Face à la menace d’une reprise imminente de la grève des médecins, le collectif des Engagés de Richard-Toll a tenu, dans l’après-midi du vendredi 20 février, un point de presse ferme et solennel. Son porte-parole, Moustapha Ndiaye, a lancé un appel urgent aux plus hautes autorités de l’État pour qu’une solution durable soit trouvée avant la fin de la trêve actuelle, limitée à une semaine ou dix jours au maximum. « Nous sommes venus rappeler à la nation et à l’État que l’hôpital de Richard-Toll doit rompre définitivement avec cette grève », a déclaré le responsable du collectif. Pendant plus d’un mois, les consultations ont été suspendues, tous les services paralysés. Les conséquences ont été dramatiques : plusieurs décès ont été enregistrés, de nombreux patients ont dû être transférés en urgence vers Louga, Saint-Louis ou Ndioum, imposant aux familles des déplacements coûteux et épuisants.
Le collectif, qui avait déjà obtenu la levée provisoire du mot d’ordre de grève après une réunion à Saint-Louis sous l’égide du gouverneur, refuse aujourd’hui de voir les populations replongées dans la même souffrance. Les syndicats ont en effet prévenu : si le problème n’est pas réglé d’ici la fin du mois, la grève reprendra. « Les populations ont déjà suffisamment souffert », insiste Moustapha Ndiaye. Il n’est plus question, selon lui, de tolérer de nouveaux refus de soins ni de nouveaux drames. Le collectif avait initialement prévu une marche pour dénoncer la situation. Mais à deux reprises, le préfet avait demandé, puis interdit le rassemblement. Les Engagés ont respecté ces décisions, se présentant comme « des républicains attachés à l’ordre public et à l’ordre républicain ». Mais cette retenue ne signifie pas résignation. Si aucune avancée concrète n’est enregistrée dans les prochains jours, le collectif prévient qu’il passera « à la vitesse supérieure ». L’appel est directement adressé au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi qu’aux ministres de la Santé et des Finances. « Nous ne choisissons pas la solution, mais nous exigeons que la grève s’arrête et que les services reprennent », martèle le porte-parole.
L’enjeu dépasse largement la ville de Richard-Toll : l’hôpital draine des patients de tout le département, du Fouta et même de la Mauritanie voisine. Des centaines de familles dépendent de sa bonne marche quotidienne. Le collectif tient à ce que la reprise des activités soit effective avant la fin de cette fragile trêve. « Il est inadmissible que cette grève reprenne », conclut Moustapha Ndiaye. Les regards sont désormais tournés vers Dakar. La balle est dans le camp des autorités : trouver rapidement un accord viable ou risquer une nouvelle paralysie d’un hôpital vital pour tout le nord du pays.
Tidiane SOW (Correspondant)


