L’État du Sénégal veut accélérer la riposte et renforcer l’accès équitable à la prévention, au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge des hépatites sur l’ensemble du territoire. Cette volonté a été renouvelée mardi, lors de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites 2026.
Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, à travers le Programme national de lutte contre les hépatites, a célébré ce mardi 28 juillet 2026, la Journée mondiale de lutte contre les hépatites. Au niveau international, l’édition 2026 est placée sous le thème « Hépatite : faisons tomber les barrières ».
Dans cette dynamique, le Sénégal a retenu le thème national « L’élimination pour tous, partout et maintenant ! », qui traduit, selon la tutelle, la volonté d’accélérer la riposte et de renforcer l’accès équitable à la prévention, au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge sur l’ensemble du territoire.
Les hépatites B et C encore plus virales
Il convient de noter que les hépatites virales, en particulier les hépatites B et C, demeurent un problème majeur de santé publique. Leur évolution est souvent silencieuse : la plupart des personnes infectées ne présentent aucun symptôme pendant plusieurs années et ignorent leur statut.
Elles peuvent ainsi transmettre le virus sans le savoir, tandis que le diagnostic tardif les expose à des complications graves, notamment l’insuffisance hépatique, la cirrhose et le cancer du foie.
« L’hépatite B est une maladie infectieuse du foie causée par le virus de l’hépatite B, ou VHB, qui attaque et endommage le foie. Elle reste particulièrement préoccupante au Sénégal en raison de son niveau d’endémicité. Dans les régions où l’hépatite B est fortement répandue, de nombreuses infections surviennent dès la naissance ou pendant la petite enfance », souligne le ministère de la Santé à travers un communiqué publié à cette occasion.
Des médicaments efficaces sont disponibles au Sénégal
En réalité, souligne le document, s’il n’existe pas encore de traitement permettant de guérir définitivement l’hépatite B chronique, des médicaments efficaces sont disponibles pour contrôler la multiplication du virus, protéger le foie et réduire le risque de complications.
« Au Sénégal, la vaccination contre l’hépatite B est assurée dans le cadre du Programme élargi de vaccination. Elle doit être associée au dépistage des femmes enceintes, à l’évaluation des femmes dépistées positives, à la mise sous traitement antiviral de celles qui sont éligibles et à l’orientation des nouveau-nés vers les services appropriés », lit-on dans le texte.
Promouvoir le dépistage précoce
Ainsi, à travers cette célébration, le ministère entend notamment : renforcer l’information des populations sur les modes de transmission, les manifestations et les moyens de prévention des hépatites virales ; promouvoir le dépistage précoce et la connaissance du statut sérologique.
Le ministère encourage aussi la vaccination contre l’hépatite B ; renforce la prévention de la transmission mère-enfant et veut améliorer l’orientation, l’évaluation et le suivi des personnes dépistées positives.
Pour cela, il compte aussi soutenir le plaidoyer pour un accès plus équitable au diagnostic, aux examens de suivi, au traitement et à la prise en charge et mobiliser davantage les décideurs, les professionnels de santé, les partenaires, les médias, les communautés et les familles.
Des défis persistants
Malgré les progrès accomplis par les autorités étatiques, plusieurs défis persistent. Il s’agit notamment de l’accessibilité du dépistage, du coût de certains examens tels que la charge virale et l’évaluation de la fibrose, la disponibilité continue des médicaments, vaccins et intrants, la décentralisation de la prise en charge, ainsi que l’amélioration de la qualité des données sanitaires.
« Les familles ont également un rôle essentiel à jouer pour rompre la chaîne de transmission. Elles sont invitées à se faire dépister, à faire vacciner les personnes non protégées et à respecter les prescriptions et le suivi médical en cas d’hépatite aiguë ou chronique », relève le document.
Mariama DIEME


