L’inspecteur d’académie de Matam, Mamoudou Oumar Guèye, a désigné, hier, le nomadisme des parents d’élèves comme principale cause du taux élevé d’abandon scolaire dans la zone sylvo-pastorale. M. Guèye s’exprimait au terme de la Revue annuelle conjointe du secteur de l’éducation et de la formation.
La gouvernance de Matam a abrité, hier, la Revue annuelle du secteur de l’éducation et de la formation. La rencontre a réuni, autour des autorités administratives et académiques, les chefs d’établissement et des acteurs locaux. Cet exercice a permis d’évaluer les performances scolaires et d’identifier, par la même occasion, les contraintes et défis à relever.
L’Inspecteur d’académie (Ia) de la région, Mamoudou Oumar Guèye, s’est félicité des performances enregistrées. « Globalement, les résultats sont satisfaisants au regard des ressources mobilisées », a-t-il déclaré. Malgré ces acquis, des difficultés persistent. Le système éducatif régional est notamment confronté à un déficit en personnel enseignant et à un taux d’abandon scolaire préoccupant. « On a noté un pourcentage d’abandon scolaire plus ou moins élevé et plus contrasté au niveau de l’élémentaire. Il s’explique, par endroits, notamment dans la zone sylvo-pastorale du Ferlo et au nord de Kanel par le nomadisme des parents », a-t-il affirmé.
Selon l’inspecteur d’académie, « les déplacements fréquents des parents d’élèves, liés à leur mode de vie, entraînent une rupture dans le suivi et la scolarité des enfants », soulignant que les « parents d’élèves se déplacent souvent et l’enfant, n’ayant plus de tuteur, est obligé d’abandonner l’école ». Concernant le manque d’enseignants, M. Guèye estime qu’il est lié, en grande partie, aux effets du mouvement national, qui entraîne des départs massifs dans les zones périphériques comme Matam.
Toutefois, a-t-il souligné, « des efforts importants ont été consentis par le ministère de l’Éducation nationale pour renforcer les effectifs ». Il a rappelé que le nombre d’enseignants affectés durant l’année scolaire 2024-2025 est presque équivalent à celui des départs enregistrés. « La région de Matam a également bénéficié d’une dotation conséquente dans le cadre du recrutement de 2.000 enseignants. Mais, pour Mamoudou Oumar Guèye, le phénomène reste structurel, résultant de plusieurs années de déficit non résorbé, même si une inversion de la tendance se dessine », a affirmé M. Guèye.
Falel PAM


