Le laboratoire GHPL, en partenariat avec l’Unité de formation et de recherche (UFR) Sciences et Métiers de la Santé (SMS) de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAK) de Touba, a organisé jeudi un symposium consacré à la prise en charge de l’anémie ferriprive.
La rencontre scientifique, tenue à l’amphithéâtre de l’université, a réuni étudiants, sages-femmes, infirmiers et autres professionnels de la santé autour d’un objectif commun : renforcer les connaissances sur cette pathologie fréquente et améliorer sa prise en charge.
Selon la directrice du laboratoire GHPL, Dr Ndèye Katy Fall, l’anémie constitue un problème de santé récurrent à Touba, particulièrement chez les femmes enceintes et celles en période post-partum.
« Les étudiants en santé représentent la principale cible de cette initiative. Nous voulons leur permettre de mieux comprendre les pathologies et leurs traitements afin qu’ils puissent assurer une prise en charge efficace des patients dans leur future carrière », a-t-elle expliqué.
Au cours de son exposé, le Dr Marième Camara, médecin hématologue clinicienne à l’hôpital Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, a rappelé que l’anémie ferriprive, également appelée anémie par carence martiale, résulte d’un déficit en fer.
Elle a souligné qu’en Afrique subsaharienne, la sous-alimentation et l’insuffisance des apports nutritionnels figurent parmi les principales causes de cette maladie.
Le spécialiste a également détaillé les manifestations cliniques de l’anémie, notamment la fatigue, la pâleur, l’essoufflement, les palpitations, les vertiges et les céphalées. À ces symptômes s’ajoutent des troubles de la concentration, de l’apprentissage et des capacités intellectuelles.
Pour sa part, le Dr Basile Beavogui, chef du service de maternité de l’hôpital Matlaboul Fawzayni, a insisté sur la forte prévalence de l’anémie chez la femme enceinte et l’enfant.
Selon lui, près de 65 % des cas observés durant la grossesse sont liés aux modifications physiologiques de l’organisme ainsi qu’à l’augmentation des besoins en fer et en acide folique.
Le praticien a également alerté sur les complications parfois graves de cette pathologie, citant notamment les accidents gravidiques, l’insuffisance cardiaque, les infections du post-partum, les avortements spontanés et les accouchements prématurés. Chez l’enfant, l’anémie peut entraîner des retards de croissance et de développement.
Les intervenants ont ainsi plaidé pour un renforcement de la prévention, du dépistage précoce et de la sensibilisation des populations afin de réduire l’impact de cette maladie qui demeure un enjeu majeur de santé publique.
Birane Diop
Correspondant


