Seul le Centre hospitalier national Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba compte près de 400 patients drépanocytaires de type SS.
L’information a été donnée par l’hématologue clinicienne, Dr Marième Camara, en service dans cette structure, lors d’une séance d’éducation thérapeutique organisée le 19 juin 2026 à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose.
La drépanocytose demeure un véritable problème de santé publique dans la ville sainte de Touba. Cette réalité se reflète dans les chiffres communiqués par Dr Marième Camara. Selon elle, le Centre hospitalier national Cheikh Ahmadoul Khadim assure à lui seul le suivi de près de 400 patients atteints de cette maladie. Plus préoccupant encore, 95 % d’entre eux sont porteurs de la forme SS, considérée comme la plus sévère de la pathologie.
L’hématologue a également souligné que les données disponibles restent fragmentées. En effet, d’autres structures sanitaires de la ville prennent également en charge des patients drépanocytaires. C’est notamment le cas de l’hôpital de Ndamatou, qui suit particulièrement des enfants atteints de la forme SS, ainsi que de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni. « Je ne pense pas que leurs chiffres soient inférieurs aux nôtres », a-t-elle précisé.
Dans ce contexte, Dr Marième Camara a insisté sur la nécessité d’un dépistage prénuptial systématique pour tous les futurs couples. «Si deux personnes de type AS se marient, elles ont 25% de chance de mettre au monde un enfant SS pour chaque grossesse. Et ça, ça reste une loterie», a-t-elle alerté.
Pour renforcer la prévention, la spécialiste sollicite également l’implication des autorités territoriales. Elle préconise l’adoption de mesures inspirées de certains pays africains, notamment le Gabon et le Cameroun, où la délivrance d’un certificat de mariage est conditionnée à la présentation d’une électrophorèse de l’hémoglobine. Selon elle, cette démarche permettrait de limiter la propagation de la maladie, dont les conséquences sont également socio-économiques, les personnes atteintes étant souvent confrontées à des difficultés d’insertion sociale.
C’est dans cette perspective que les patients drépanocytaires suivis au Centre hospitalier national Cheikh Ahmadoul Khadim ont été réunis à l’occasion de cette journée mondiale pour une séance d’éducation thérapeutique. Outre les patients, l’activité a également rassemblé des « badienou gokh », appelées à jouer un rôle de relais dans les actions de sensibilisation sur cette maladie.
Birane Diop, correspondant


