À moins de deux jours du Grand Magal de Touba, la Grande Mosquée a offert, ce vendredi 31 juillet, le visage des grands rendez-vous religieux. Des vagues ininterrompues de fidèles ont convergé vers ce haut lieu du mouridisme pour accomplir la dernière prière du vendredi avant la commémoration du départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, prévue ce dimanche 2 août 2026. Dans une atmosphère mêlant recueillement, ferveur et effervescence, chaque recoin de l’édifice était occupé.
TOUBA – 31 juillet 2026, dernière prière du vendredi avant la commémoration du départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, prévue ce dimanche 2 août 2026. Très tôt, les allées menant à la Grande Mosquée sont noires de monde.
Chapelet en main, Coran sous le bras ou tapis de prière sur l’épaule, des milliers de fidèles, venus des quatre coins du Sénégal et de la diaspora, affluent en silence ou échangent des salutations fraternelles. Les voix se mêlent aux invocations, tandis que les bénévoles du dahira Moukhadimatoul Khidma orientent les nouveaux arrivants vers les espaces encore disponibles.
À mesure que l’heure de la grande prière approche, l’enceinte de la mosquée se remplit à vue d’œil. Les travaux d’embellissement en cours ayant réduit la capacité d’accueil, les fidèles investissent progressivement les esplanades, puis les abords immédiats de l’édifice.
Les principales artères entourant la mosquée se transforment en immenses lieux de prière, offrant une image saisissante de la mobilisation des disciples de Cheikh Ahmadou Bamba. Sous un soleil ardent, personne ne semble vouloir renoncer à l’opportunité d’accomplir cette prière à la Grande Mosquée.
Les rangs se forment avec discipline, dans un calme remarquable, malgré l’impressionnante affluence. Les regards sont tournés vers le lieu de culte, les lèvres murmurent des invocations et les chapelets défilent entre les doigts. L’atmosphère traduit toute la dimension spirituelle de ce dernier vendredi précédant le Grand Magal.
Pour de nombreux fidèles, cette prière revêt une signification particulière. Bien plus qu’un simple rendez-vous hebdomadaire, elle constitue un moment de préparation spirituelle avant le Grand Magal, une occasion de rendre grâce à Dieu et de renouveler leur attachement à l’œuvre et à l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba.
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Chapelet à la main et barbe soigneusement entretenue, Tidiane Diawara est venu de la région de Tambacounda. Il participe pour la quatrième fois au Grand Magal. « J’avais programmé ce déplacement depuis Tambacounda afin d’effectuer la prière du vendredi à la Grande Mosquée », confie-t-il avec le sourire.
Pour lui, Touba demeure un haut lieu de recueillement où il espère voir ses prières exaucées. Serigne Fallou Ndiaye, accompagné de ses amis, est arrivé de Thiès. À peine entrés dans la ville sainte, ils ont pris la direction de la Grande Mosquée. Hors de question pour eux de manquer cette prière. Rencontrés dans l’enceinte de la mosquée, ils immortalisent l’instant avec quelques photos-souvenirs avant de rejoindre les esplanades.
D’innombrables grâces
Pressé par ses compagnons, Serigne Fallou Ndiaye prend tout de même le temps de partager son émotion. « Cela faisait longtemps que je n’étais pas revenu à Touba. C’est un immense bonheur d’avoir l’occasion d’effectuer la prière du vendredi à la Grande Mosquée et d’y formuler des prières », témoigne-t-il.
Malgré les embouteillages, ils ont parcouru le trajet entre Dianatoul Mahwa et la Grande Mosquée. Non loin de là, Issa Sy, venu de Yarakh, dans la région de Dakar, partage le même sentiment. Pour lui, accomplir la prière du vendredi à Touba est un privilège. C’est pourquoi il a préféré quitter Darou Minane, où il est hébergé, pour rejoindre la Grande Mosquée.
« Je n’avais encore jamais effectué la prière du vendredi à Touba. C’est une expérience que je tenais absolument à vivre », explique-t-il, formulant le vœu de voir toutes ses prières exaucées. Dans son sermon précédant la prière (bayaan, en wolof), Serigne Afé Niang est revenu sur la portée spirituelle du Grand Magal.
Il a rappelé que Cheikh Ahmadou Bamba avait passé plus de sept années en exil, une période entièrement consacrée à l’adoration de Dieu et au service du Prophète Mouhamed. Selon lui, cette épreuve lui a permis de bénéficier d’innombrables grâces divines. « C’est cet exil qui a permis à l’Islam de triompher au Sénégal », a-t-il déclaré.
Pour le prêcheur, le Grand Magal demeure un rendez-vous majeur pour l’ensemble des fidèles. « C’est le jour où Serigne Touba a invité tous les croyants à rendre grâce à Dieu », a-t-il expliqué, rappelant que le fondateur du mouridisme a toujours prôné l’adoration exclusive de Dieu et l’attachement aux enseignements du Prophète Mouhamad (PSL).
Par Birane DIOP (Correspondant)

