Attraits, le mercredi 8 juillet 2026, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour la détention et le trafic illicite d’armes, Jérôme Bandiaky et Sakory Ka risquent respectivement des peines de 5 ans et 3 ans de prison ferme. Ils seront fixés sur leur sort le 22 juillet prochain.
Jérôme Bandiaky et Sakory Kâ, respectivement assistant de sécurité et entrepreneur, ont comparu, mercredi, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour détention d’armes sans autorisation administrative, trafic illicite d’armes, actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique, usurpation de fonction et escroquerie.
En effet, les faits de l’espèce remontent au 18 septembre 2024. À cette date, Jérôme Bandiaky a été interpellé à son domicile au centre-ville de Dakar. En plus de la somme d’argent trouvée par-devers lui (1 470 000 FCFA), la perquisition de son appartement a permis aux enquêteurs de saisir trois passeports diplomatiques, dont un en cours de validité, 14 bâtons de défense, 9 postes radios, 7 chargeurs radio portatifs et un bouclier.
Devant le prétoire, hier, il a battu en brèche les accusations portées contre sa personne avant d’expliquer la provenance des objets. À l’en croire, ils constituent l’équipement de sa société de gardiennage dénommée « Sniper Sécurité Suarl » qu’il avait mise sur pied en 2022. Laquelle, informe-t-il, a été fermée en 2023 parce qu’elle était une cible lors des émeutes de cette année.
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S’agissant des passeports diplomatiques, il a expliqué en avoir bénéficié en tant que membre de la garde privée de l’ancien chef de l’État, Macky Sall, puis comme membre du cabinet de l’ancienne Première ministre, Aminata Touré. Sur la vidéo retrouvée dans son portable et dans laquelle on le voyait faire une démonstration de lance-grenade, il a dit qu’il ne s’en souvenait pas.
Interrogé à son tour, Sakory Kâ a nié les faits, soulignant qu’à l’exception du pistolet automatique de marque Erma, qui appartenait à son défunt père, tout le reste du matériel trouvé à son domicile est le sien. Étayant ses propos, il a déclaré avoir acquis le fusil de marque Huglu en 2022 pour ses activités de chasse.
Concernant le pistolet de marque Tanfoglio, il dit l’avoir acheté en 2002. Selon lui, toutes les armes qu’il détenait avaient de l’autorisation. Estimant que les faits reprochés aux prévenus ne souffrent d’aucune contestation, le parquet a requis 5 ans et une amende de 5 millions de FCfa contre Jérôme Bandiaky.
S’agissant du sieur Kâ, il a requis contre lui 3 ans ferme et une amende de 2 millions de FCfa. Il a demandé que les faits d’actes de nature à compromettre la sécurité de l’État soient écartés du dossier. Autrement dit, que les prévenus soient relaxés de ce chef d’inculpation.
La défense a plaidé la relaxe des prévenus. « Les fusils servent à chasser des oiseaux et non à tuer des personnes », a déclaré Me Youssoupha Camara de la défense, ajoutant que le trafic d’armes n’existe pas. Selon Me Aboubacry Barro, le parquet a cherché à mêler le sieur Bandiaky dans la mort de Fulbert Sambou et de Didier, mais, souligne-t-il, « il n’est pas lié à cette affaire ». Sollicite donc la robe noire : « il faut le renvoyer des fins de la poursuite, sans peine ni dépens ». L’affaire est mise en délibéré pour jugement qui sera rendu le 22 juillet prochain.
Aliou DIOUF

