Avec l’ouverture de son bureau régional à Ziguinchor, ONU Femmes opère un rapprochement stratégique avec les réalités du Sud du Sénégal. Une implantation porteuse d’espoir, qui marque un tournant décisif dans la promotion des droits des femmes et des filles et leur pleine participation au développement local.
ZIGUINCHOR- La Casamance entre dans une nouvelle ère de l’action en faveur de l’égalité de genre. Ce vendredi 19 décembre 2025, la commune de Ziguinchor a accueilli le lancement officiel du bureau régional d’ONU Femmes. Une initiative majeure destinée à renforcer la présence institutionnelle de l’agence onusienne au plus près des communautés. La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités administratives, de partenaires techniques et d’acteurs de la société civile. Représentant le gouvernement, Youssouph Djitté, d
Directeur de cabinet du ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a insisté sur la portée stratégique de cette installation. Selon lui, « l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut devenir une réalité durable que si les politiques publiques sont déployées au niveau local, en phase avec les réalités sociales et culturelles des territoires ». Le collaborateur de la ministre Maïmouna Dièye, a souligné que ce bureau traduit la volonté de l’État de territorialiser les actions en faveur des femmes et de mieux accompagner les collectivités locales et les organisations féminines.
Pour ONU Femmes, le choix de Ziguinchor répond à une logique à la fois géographique et sociale. La directrice régionale adjointe, Mireille Kamitatu, a qualifié l’événement de « jalon historique » dans le déploiement de l’organisation au Sénégal. « À travers ce bureau, notre ambition est de rapprocher l’action d’ONU Femmes des populations et de couvrir efficacement le pôle Sud, de la Casamance orientale à la Casamance naturelle, jusqu’à Tambacounda et Kédougou », a-t-elle fait savoir. Elle a rappelé que la région reste confrontée à de nombreux défis, notamment les violences basées sur le genre, les pratiques néfastes et la faible représentation des femmes dans les instances décisionnelles. Poursuivant, elle a mis en avant les immenses potentialités économiques du Sud, encore sous-exploitées, dans l’agriculture, la pêche, le tourisme et la transformation locale. « Agir ici, c’est intervenir là où les besoins sont urgents, mais aussi là où les solutions existent », a-t-elle insisté. L’action du nouveau bureau s’inscrit par ailleurs dans les priorités nationales, notamment le Plan Diomaye pour la Casamance et la vision Sénégal 2050. ONU Femmes entend y jouer un rôle de catalyseur afin que les investissements publics et les programmes de développement intègrent pleinement les femmes et les filles, reconnues comme des actrices clés de la paix, de la résilience et de la croissance durable.
Clôturant la cérémonie, l’adjoint au préfet de Ziguinchor, Modou Samb, a salué un signal fort envoyé aux femmes de la région. « Ce bureau est appelé à devenir un espace d’expression, de protection et de concrétisation des aspirations féminines », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement de l’État à faire des femmes un pilier central des politiques de développement. Plus qu’une inauguration, l’implantation d’ONU Femmes à Ziguinchor symbolise un nouveau souffle pour la Casamance. Un pas décisif vers une société plus juste, où le leadership féminin devient un levier incontournable de développement durable.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


