À l’occasion d’une journée de don de sang, de sensibilisation et de dépistage organisée, mardi, au Centre hospitalier régional de Ziguinchor, les hémodialysés ont mis en lumière le lourd combat qu’ils mènent au quotidien et appelé à un renforcement urgent de leur prise en charge.
ZIGUINCHOR– Le manque de sang peut coûter des vies. C’est ce message fort qu’a voulu faire passer l’Association sénégalaise des hémodialysés et insuffisants rénaux en organisant, ce mardi 30 juin, une journée de don de sang, de sensibilisation et de dépistage de la maladie rénale chronique au Centre hospitalier régional de Ziguinchor.
Au-delà du geste solidaire, l’activité a permis d’alerter sur une pathologie silencieuse qui touche de plus en plus de Sénégalais. Pour le Dr Mamadou A. Bâ, néphrologue au Centre hospitalier régional de Ziguinchor, la maladie rénale chronique constitue un véritable défi de santé publique. « Elle est responsable d’une lourde mortalité et sa prise en charge est particulièrement coûteuse. Chaque jour, nous recevons au moins une quinzaine de patients, dont plusieurs nouveaux cas », a-t-il expliqué, rappelant que seul le dépistage permet de détecter cette maladie souvent silencieuse avant qu’il ne soit trop tard.
Sur le terrain, les malades vivent une réalité éprouvante. « Les patients souffrent en silence », a déploré Dieynaba Diédhiou, présidente de la section locale de l’Association des hémodialysés. Entre les frais de transport, les médicaments et les analyses médicales, les charges deviennent insoutenables pour de nombreuses familles.
Elle a également plaidé pour la création d’une unité d’hémodialyse plus grande afin de répondre aux besoins croissants des patients de la région. Même préoccupation du côté du secrétaire général de l’Association sénégalaise des hémodialysés et insuffisants rénaux, Massaër Seck.
Tout en saluant les efforts déjà consentis par l’État et les structures sanitaires, il estime que beaucoup reste à faire. « Les analyses coûtent très cher. Pour sauver des vies, il n’y en a jamais assez à faire », a-t-il insisté, rappelant que les personnes sous hémodialyse peuvent vivre longtemps, à condition de bénéficier d’un accompagnement médical et social adapté.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


