La cité religieuse de Thiénéba Kadior, dans le département de Kébémer, organise le Gamou annuel en hommage à Serigne Madické Seck. Un moment de retrouvailles, prévu ce samedi 7 février, dédié à la dévotion et au recueillement pour des milliers de fidèles qui perpétuent un legs vieux de 38 ans.
LOUGA – Située dans le département de Kébémer (région de Louga), la cité religieuse de Thiénéba Kadior se prépare à commémorer la 38ᵉ édition d’un grand événement religieux en hommage à Serigne Madické Seck qui en est l’initiateur. Né en 1939 à Thiénéba Kadior, village situé à quatre kilomètres de l’actuelle commune de Kébémer, le guide a acquis le savoir islamique à travers des foyers religieux et des écoles coraniques.
Après l’initiation coranique au village de Matar Diop, auprès de Serigne Madické Diop pour son initiation au Coran, le jeune Madické Seck s’est rendu au Daara de Coki auprès de Serigne Ahmad Sakhir Lô. Il a poursuivi son apprentissage à Diourbel, chez Serigne Modou Dème.
Selon Khalifa Ndiaye, disciple du guide religieux dont il était le porte-parole : « C’est à cette étape de Diourbel auprès de Serigne Modou Dème où Serigne Madické Serigne a eu plus d’acquisition en termes de savoirs et d’approfondissement de sciences islamiques et avait appris le Coran avec des descendants de Serigne Touba. »
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Après un séjour à Dakar, puis au daara Fall Khalil à Saint-Louis, Serigne Madické Seck a rejoint le daara de son père à Thiénaba Kadior au début des années 60. Il assurait l’enseignement des disciplines scientifiques islamiques jusqu’en 1973. À cette date, renseigne Khalifa Ndiaye : « Quand son père a été désigné khalif de Thiénéba (la famille élargie), Serigne Madické Seck prit le relai et assura l’éducation religieuse dans le village ».
C’est ce qui lui a valu de compter des disciples partout au Sénégal et dans la diaspora. Réputé homme intègre, généreux et très rigoureux, Serigne Madické Seck est considéré comme l’artisan de la modernisation de la cité religieuse de Thiénéba Kadior.
« Il était un homme très courtois, très attentif aux besoins des populations et sacrifiait tout pour satisfaire leurs besoins aussi bien au village que dans les environs », a expliqué son ancien porte-parole. Serigne Madické était connu pour sa rigueur dans l’application des principes de l’Islam dans le village. Ceci lui a valu le surnom de « Borom Yalla nééna ». Car il se réfère toujours aux Écrits du Coran pour tout acte posé dans la cité religieuse.
Considéré comme un ascète et un soufi, Serigne Madické Seck a vécu sous ce manteau jusqu’au 15 février 2015, laissant derrière lui trois épouses et des enfants placés sous l’autorité de son fils aîné et khalif Serigne Pape Seck Mourtada, chargé de conduire les destinées de la famille.
Khalif Aboubacar WELE (Correspondant)


