Améliorer les compétences des professionnels des médias pour qu’ils puissent mieux prendre en compte les préoccupations des jeunes, notamment leur santé reproductive. Tel est le principal objectif poursuivi par l’Ong Raes, qui a lancé l’initiative régionale Alliance médias.
« Nous croyons au pouvoir des récits pour guérir, relier et faire évoluer nos sociétés. C’est là que commence le changement ». Cette déclaration sonne comme un leitmotiv chez Rabiatou Sangaré, directrice exécutive de l’Ong Raes. Selon Marie Wade, responsable marketing et communication du Programme « C’est la vie ! » de ladite structure, celle-ci ne cesse de marteler ces propos pour insister sur le rôle et le pouvoir des médias dans la transformation des sociétés, y compris le changement de comportements des personnes qui les composent. C’est à ce titre que l’Ong Raes a organisé, les 2 et 3 juillet 2026, à Toubab Dialaw (à environ 50 km au sud de Dakar), un atelier régional regroupant des journalistes de 4 pays ouest-africains dans lesquels elle intervient (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Niger et Sénégal).
À l’occasion, l’initiative Alliance médias du projet « C’est la vie ! » a été lancée. Ce dernier vise, d’après Mme Wade, « à augmenter le niveau de connaissances des populations, à améliorer les compétences des journalistes et des acteurs de la santé et à rendre les contenus et outils de sensibilisation plus accessibles ».
Sa collègue Raby Samb, chargée de projet communautaire et médias du programme « C’est la vie ! », d’ajouter : « L’objectif de cette initiative régionale est de favoriser le changement de comportement social en lien avec les droits reproductifs des adolescents et des jeunes et l’égalité de genre ». Plus spécifiquement. Il s’agit, d’après la responsable marketing et communication du Raes, « de sensibiliser les populations des pays d’intervention sur les thématiques développées et d’améliorer les compétences en matière de conduite de campagnes de sensibilisation pour les communautés locales en utilisant des outils adaptés et des stratégies efficaces ».
La formation et l’accompagnement des professionnels des médias figurent aussi au cœur des actions ciblées dans le cadre de cette alliance.
Tout comme le renforcement des capacités des animateurs de radios communautaires, personnels de santé et agents de santé communautaire. Le but étant « d’améliorer la qualité et l’impact des campagnes de communication ».
Concernant l’accessibilité et la diffusion des contenus, la co-création est privilégiée, de même que la distribution » d’outils de communication facilement accessibles aux publics cibles. In fine, a estimé Marie Wade, les stratégies déployées permettront « d’amplifier les messages et d’augmenter la portée des campagnes de sensibilisation à travers des canaux de communication diversifiés et adaptés ». Elle a souligné que l’Alliance médias cherche à valoriser la recherche et les activités déroulées sur le terrain afin de produire des contenus pour informer les communautés.
Dans le cadre de l’éducation pour le divertissement que le Raes désigne par « Edutainment », des thématiques relatives, entre autres, aux mariages et grossesses précoces non désirées, aux mutilations génitales féminines, à la planification familiale, à l’accès aux services de santé et aux droits en santé reproductive sont développées.
Dans les pays d’intervention, des localités sont ciblées pour l’exécution du programme « C’est la vie ! ». « Ce dernier s’inscrit sur les stratégies et priorités nationales des différentes zones dans lesquelles nous intervenons », a précisé Raby Samb, soulignant qu’au Sénégal, Mbour et Sédhiou ont été choisies. Le but ultime étant d’assurer la continuité des services là où les besoins se font le plus sentir.
Maïmouna GUEYE

