Dans la commune de Fatick, les délégués de quartier s’efforcent autant que possible de rendre service aux populations. Pour mener à bien leur mission, ils ont jugé nécessaire d’unir leurs forces dans l’Association des délégués de quartier du département de Fatick (Adqf). Créée en 2021, cette organisation regroupe 15 membres au niveau départemental. Soit les treize (13) délégués de quartier de la commune de Fatick et les deux autres de Diofior.
En tant que relais entre la population et l’administration, ils jouent un rôle prépondérant dans la prise en charge de leurs concitoyens, notamment les voyageurs ou étrangers qui arrivent dans leurs quartiers respectifs. Autrement dit, dès qu’un inconnu ou un voyageur débarque, on lui indique le domicile du délégué de quartier. Ce dernier lui donne un gite, le nourrit, et le traite de la façon la plus digne… Ce, malgré l’insuffisance des moyens et surtout le manque de soutien. Le plus souvent, ils mettent la main à la poche, dans la discrétion totale, à l’insu de la société, pour mettre l’étranger dans de bonnes conditions. Serviteurs de leur société…
Cependant, l’hébergement des voyageurs reste un véritable casse-tête pour ceux-là que l’on appelle affectueusement chefs de quartier. En effet, selon les témoignages de quelques-uns d’entre eux, certains se trouvent parfois dans l’obligation de céder leur salon ou même une chambre familiale pour permettre à l’étranger de passer son séjour.
En plus de l’hébergement, l’alimentation est aussi un problème non négligeable. La somme dérisoire qu’ils perçoivent chaque mois est loin de supporter autant de charge journalière. Chaque jour, ils ont, pour ainsi dire, du pain sur la planche. Si ce n’est pas le règlement de conflits, c’est l’accompagnement de personnes démunies.
lire aussi: « Repenser le statut des délégués de quartier n’est pas une faveur » (3/3)
« Les délégués sont sollicités nuit et jour », souligne Boucar Sène, le président des délégués de quartier de Fatick. Ainsi, dans la plupart des cas, ils reçoivent des gens qui sont dans le besoin. « Hier, j’étais à l’hôpital pour assister une personne du troisième âge malade et que j’avais aidée à adhérer une mutuelle de santé. De la même manière, j’avais reçu chez moi un talibé échappé de Mbour. Il a passé trois jours chez moi durant lesquels j’ai fait des tractations auprès de l’Action en milieu ouvert (Aemo) jusqu’à ce qu’il soit récupéré par son maître”, fait savoir M. Sène, par ailleurs délégué du quartier Croisement TP de Fatick.
Pour emboucher la même trompette, Mamadou Billy Guèye rappelle les nombreux gestes de bienfaisance qu’il a faits dans son quartier sans rien attendre en retour. D’après le délégué du quartier Escale de Fatick, des doléances sont quotidiennement posées sur sa table. Finalement, il a initié une sorte de caisse de solidarité alimentée uniquement par ses amis et proches en cas de besoin d’accompagnement pour des familles démunies.
El hadji Fodé SARR (Correspondant)

